Couverture du rapport d'Amnesty international sur les violences policières à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Crédit : Amnesty
Couverture du rapport d'Amnesty international sur les violences policières à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Crédit : Amnesty

L'ONG Amnesty international accuse l’Union européenne (UE) d’être la “complice” de violences policières menées en Croatie, un de ses pays membres, à l’encontre de demandeurs d’asile refoulés à la frontière.

Venus d'Asie, du Proche-orient et d'Afrique du nord, ils sont 25 000 migrants en 2018 à avoir tenté d’entrer en Croatie, membre de l'Union européenne, via la Bosnie. Si beaucoup d’entre eux sont parvenus à leurs fins, plusieurs milliers ont été interceptés par la police aux frontières croate et refoulés vers des centres d'accueil en Bosnie voisine.

C’est dans ce cadre-là qu’Amnesty International a publié, mercredi 13 mars, un rapport accusant l’UE de complicité avec la police croate lors de violences envers les demandeurs d’asile à la frontière. Dénonçant précisément des "refoulements et expulsions collectifs fréquemment accompagnés de violences et d'intimidations", l’ONG estime que l’UE est complice de ces agissements car elle finance largement le contrôle de ses frontières.

“La contribution financière [des pays membres] à l’assistance humanitaire paraît bien modeste par rapport aux fonds qu’ils allouent à la sécurité des frontières, y compris en équipant les gardes-frontières croates et même en payant leurs salaires”, a déclaré Massimo Moratti, directeur des recherches pour le bureau européen d’Amnesty International.

Vers une "crise humanitaire aux portes de l'UE" ? 

L’ONG affirme en outre que l’UE ferme les yeux sur les violences commises par les policiers. Dans les camps des petites villes bosniaques de Bihac et Velika Kladusa, à la frontière entre la Bosnie et la Croatie, la plupart des migrants ont déjà connu les refoulements accompagnés de violences policières dans un tiers des cas, rapporte Amnesty.

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“Ils nous ont conduits à la frontière avec la Bosnie. Ils nous ont fait descendre du véhicule un par un et se sont mis à nous frapper à coups de matraque”, raconte un jeune homme originaire de Gaza et cité par l’ONG. Il dit avoir ensuite été aspergé de gaz au poivre. “Je ne voyais plus rien, mes yeux brûlaient. Ensuite ils nous ont ordonné de partir et de ne jamais remettre les pieds en Croatie.”

Avec l’arrivée du printemps et la fonte des neiges, les autorités comme les associations s’attendent à voir plus de tentatives de franchissement de la frontière vers la Croatie. “La Bosnie-Herzégovine n’étant pas en capacité de gérer l’arrivée d’un nombre croissant de personnes en quête de protection, il faut prendre des mesures en vue d’éviter une crise humanitaire aux portes de l’UE”, alerte Amnesty.

De leur côté, les autorités à Zagreb démentent les allégations de violences et assurent se préparer. Le ministre de la Sécurité Dragan Mektic déclaré la semaine dernière s'attendre à une "escalade" du nombre des migrants sur la "route des Balkans" en 2019.

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