Des migrants en centre d'accueil, à Barcelone,  en Espagne. crédit : EPA/Marta Perez
Des migrants en centre d'accueil, à Barcelone, en Espagne. crédit : EPA/Marta Perez

Une enquête a été ouverte en Catalogne à la suite d’une attaque contre un centre de migrants mineurs près de Barcelone. La police a indiqué mercredi avoir "interrogé les blessés et les témoins". Personne n’a encore été arrêté.

Une enquête est en cours en Catalogne après une nouvelle attaque contre centre de migrants mineurs dans la ville côtière de Castelldefels, près de Barcelone. Il s’agit de la deuxième en une semaine dans cette région.

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Le gouvernement catalan a expliqué que dans la nuit de samedi à dimanche, un "groupe de 25 personnes au visage masqué a saccagé le centre et tenté d'agresser les éducateurs et les mineurs". Trois personnes ont été blessées : deux éducateurs et un mineur qui a été hospitalisé pour une crise d'angoisse.

Un porte-parole de la police a indiqué mercredi 13 mars à l’AFP que la police régionale a "interrogé les blessés et les témoins" mais n'a arrêté personne jusqu'ici.

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Le gouvernement a souligné le caractère raciste de l’agression. "Nous sommes face à des faits très graves qui ont une connotation raciste [...] ce n'est pas une simple bagarre entre jeunes", a assuré le responsable de l'immigration au sein du gouvernement régional, Chakir el Homrani.

Paroles xénophobes

Les assaillants auraient crié des paroles xénophobes, répétées le lendemain au cours d'un rassemblement devant le centre sur lequel les participants ont lancé des pierres.

Quelques jours plus tôt, le 6 mars, un homme armé d'une machette avait fait irruption dans un autre centre d'accueil de mineurs étrangers à Canet de Mar, au nord de Barcelone, et avait menacé ses occupants mais sans faire de blessés.

Devenu en 2017, le principal pays d’entrée des migrants en Europe, l’Espagne a vu le nombre de mineurs non-accompagnés exploser. La plupart de ces jeunes sont marocains.

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De 684 en 2016, leur nombre est passé à 1 489 en 2017 et 3 742 en 2018. Les prévisions font état de 5 000 pour cette année.

En 2017, un rapport du réseau humanitaire Reach avait montré que 70 % des migrants mineurs africains avaient quitté leur foyer pour fuir la violence (domestique principalement). Seuls 30% ont fui pour des raisons purement économiques.

"Tous laissent derrière eux une situation où ils estimaient ne pas avoir accès à leurs droits élémentaires en tant qu’enfants, et ne voyaient pas de perspectives pour leur avenir proche", pointait le rapport, affirmant que les trois quarts des jeunes choisissent "individuellement" de partir, sans se concerter avec leur famille. 

Grâce aux entretiens menés, les enquêteurs de Reach ont par ailleurs constaté que l’Europe n’était pas toujours la destination choisie en premier lieu par les jeunes migrants. Plus de la moitié d’entre eux comptent, en quittant leur foyer, se rendre pour une durée limitée dans les pays frontaliers.

 

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