le Mare Jonio est actuellement au large des côtes libyennes. Crédit : Marta Buso / Ansa
le Mare Jonio est actuellement au large des côtes libyennes. Crédit : Marta Buso / Ansa

Près de 17 000 personnes sont mortes en mer Méditerranée ces quatre dernières années. Pour tenter d'enrayer la tragédie, des navires humanitaires se sont relayés dans la zone de détresse, au large des côtes libyennes pour les secourir. Mais actuellement, un seul patrouille dans cette zone.

Actuellement, seul le bateau Mare Jonio est présent au large de la Libye. 

Il appartient à un collectif d’associations italiennes et bat pavillon italien. Le navire de 37 mètres n'a pas été conçu à l'origine pour secourir des migrants en perdition mais pour assurer des missions de repérage. Mais il procède tout de même à des opérations de sauvetage. "Nous respectons le droit maritime en allant porter secours en mer", déclarait en octobre dernier Erasmo Palazzotto, un des propriétaires du navire et également député de la gauche italienne. 

Le Mare Jonio au large des ctes libyennes le 18 mars 2019Qu’en est-il des autres bateaux d’ONG ? InfoMigrants fait le point.

Les navires humanitaires qui sont bloqués dans des ports européens :

- Le Sea-Watch 3 de l’ONG Sea Watch est en escale dans le port de Marseille pour un problème administratif relatif à son pavillon néerlandais (et effectuer sa maintenance). Il devrait repartir en prochainement.

- Depuis un débarquement en juin 2018 à Malte, le Lifeline de l’ONG allemande éponyme est bloqué au port de La Valette, à Malte, où les autorités contestent sa situation administrative.

- Depuis le mois de janvier 2019, l’Open Arms de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms est bloqué à Barcelone par les autorités espagnoles. Au printemps 2018, ce navire avait été placé un mois sous séquestre en Italie avant d’être autorisé à repartir.

- Début août 2017, la justice italienne a saisi le Juventa de l’ONG allemande Jugend Rettet, accusée de complicité avec les passeurs libyens mais qui clame depuis son innocence.

Les ONG qui résistent :

-Le Aylan Kurdi (anciennement appelé Professor Albrecht Penck) est actuellement à Majorque (îles Baléares) et devrait repartir prochainement. Il appartient à l’ONG allemande Sea Eye.

- Dans les airs, les petits avions Colibri de l’ONG française Pilotes volontaires et Moonbird de Sea-Watch mènent régulièrement des patrouilles pour tenter de repérer les embarcations en difficulté.

L'Astral, le voilier de l'ONG Open Arms, est actuellement dans un port proche de Barcelone.

Les navires humanitaires qui ont renoncé :

Des ONG engagées au large des côtes libyennes ont suspendu leurs activités, face à la chute des départs de Libye et face à une intensification des menaces des garde-côtes libyens, qui considèrent les ONG comme complices des passeurs.

- Suite aux pressions politiques, privé de pavillon, l’Aquarius de l’ONG SOS Méditerranée – qui a secouru près de 20 000 personnes en deux ans et demi - a mis fin à ses missions en décembre 2018. L'ONG espère toutefois trouver un nouveau bateau pour repartir rapidement en mer au printemps 2019.

- Médecins sans frontières (MSF) a mis fin au même moment aux activités du Vos Prudence, le plus gros navire humanitaire privé actif au large de la Libye avec un record de de 1 500 personnes secourues en même temps.

- Save the Children a également mis fin aux activités de sauvetage du navire Vos Hestia.

- L’ONG maltaise Moas, la première à s’engager dans les opérations de secours en 2014 et qui a compté jusqu’à deux navires dans la zone, a transféré ses activités auprès des Rohingyas au Bangladesh.

 

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