Le Mare Jonio qui bat pavillon italien est le seul navire humanitaire privé actuellement à patrouiller en Méditerranée. Crédit : picture-alliance/dpa/Mediterranea/Sea Watch
Le Mare Jonio qui bat pavillon italien est le seul navire humanitaire privé actuellement à patrouiller en Méditerranée. Crédit : picture-alliance/dpa/Mediterranea/Sea Watch

Une cinquantaine de migrants a été sauvé lundi par le Mare Jonio. Le navire humanitaire qui bat pavillon italien a jeté l’ancre non loin de l’île italienne de Lampedusa, mais Rome refuse de laisser les migrants débarquer.

Seul navire humanitaire actuellement en Méditerranée, le Mare Jonio a secouru lundi 18 mars 49 migrants dont 12 mineurs à une quarantaine de miles nautiques de la Libye. Les gardes-côtes libyens étaient présents, mais le navire a préféré se rapprocher des côtes italiennes estimant qu’un retour en Libye ne permettait pas aux rescapés d’être débarqués dans un port “sûr” en vertu du droit maritime international.

Le bâtiment, qui a demandé l’autorisation de rentrer dans un port italien, a jeté l’ancre près de l'île de Lampedusa afin de se protéger des intempéries. Le débarquement de migrants n'a pas été autorisé, selon la presse italienne.

"Les ports ont été et restent FERMÉS", a martelé sur Twitter Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et vice-Premier ministre. Son cabinet a également publié à l'intention des ONG concernées une directive de huit pages rappelant les lois en vigueur concernant les opérations de sauvetage, lois que le ministre accuse certains navires humanitaires de violer.

"L'entrée de navires de secours dans les eaux territoriales italiennes" est "préjudiciable à l'ordre et à la sécurité de l'État italien", déclare dans sa directive Matteo Salvini, qui est le chef de la Ligue, le parti d'extrême droite au pouvoir en coalition avec le Mouvement Cinq Étoiles (M5S), une formation antisystème. Il évoque le risque que les groupes de migrants "puissent cacher des individus impliqués dans des activités terroristes".

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Les navires humanitaires d'ONG sont régulièrement critiqués par Rome qui estime qu’ils empêchent les garde-côtes libyens de récupérer des migrants en mer et de les ramener en Libye. Les organisations de défense des droits de l'Homme considèrent, de leur côté, que la Libye, un pays en crise, n'est pas un endroit sûr pour les migrants.

Mais pour Matteo Salvini, les côtes italiennes ne devraient pas être "les seuls lieux de débarquement possibles, étant donné que les ports libyens, tunisiens et maltais peuvent offrir l'assistance logistique et sanitaire appropriée" et "sont plus proches" du lieu du sauvetage que les ports italiens.

Depuis le début de l’année, 348 migrants ont pu débarquer en Italie contre 6 161 pour la même période l'année dernière.

 

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