Image d'illustration du City Plaza Hotel, à Athènes. Cet immeuble, qui héberge des migrants, a aussi été visé par une attaque de militants d'extrême-droite en 2016. Crédit : InfoMigrants
Image d'illustration du City Plaza Hotel, à Athènes. Cet immeuble, qui héberge des migrants, a aussi été visé par une attaque de militants d'extrême-droite en 2016. Crédit : InfoMigrants

Hussein a débarqué avec sa femme et ses deux enfants sur l’île grecque de Leros en janvier 2019. Après plusieurs semaines dans un camp, cette famille palestinienne de Syrie est orientée par l’Organisation internationale des migrations (OIM) vers le continent. L’agence onusienne les installe le 15 mars, avec une vingtaine d’autres familles, dans un hôtel de Vilia, petite ville située à une dizaine de kilomètres d’Athènes. Quelques heures après leur arrivée, l’hôtel est attaqué par des riverains hostiles à leur présence. Hussein a livré son témoignage à la rédaction d’InfoMigrants.

"On est arrivés à l’hôtel vers 11h du matin. Quelques heures plus tard, on a entendu des cris venant de l’extérieur. Il y avait près de 90 personnes dehors qui hurlaient des mots en grec. Je ne parle pas cette langue donc je n’ai pas compris ce qu’ils disaient mais ils semblaient énervés.

Une dizaine d’entre eux ont brisé les fenêtres du bas du bâtiment, puis ils ont balancé des cocktails Molotov et des bouteilles en verre à l’intérieur de l’immeuble. Un des cocktails Molotov a même atterrit sur le balcon d’une chambres des étages supérieurs.

Les assaillants sont ensuite entrés dans l’hôtel.

J’étais dans ma chambre – au 1e étage - avec ma femme et mes deux enfants de quatre et cinq ans. J’étais complètement paniqué, je n’osais pas sortir de la pièce.

J’ai entendu un gros bruit, alors j’ai ouvert légèrement ma porte. Les manifestants étaient en train de défoncer la porte de mon voisin avec un extincteur trouvé dans les couloirs. Puis, ils le lui ont jeté dessus et ont donné des coups de pieds à ses enfants.

Quand ils ont remarqué que j’avais ouvert ma porte, ils sont venus vers moi et m’ont aussi envoyé l’extincteur sur les jambes, avant de quitter la chambre. Mes enfants étaient derrière moi, j’ai eu très peur.

L’attaque a duré environ deux heures, c’était très long ! Tout le monde criait, les femmes et les enfants pleuraient. Il y avait une voiture de police stationnée en bas du bâtiment mais ils ont mis beaucoup de temps à réagir. Ils sont finalement intervenus avec les gérants de l’hôtel pour mettre fin à l’attaque. Heureusement, il n’y a pas eu de blessés graves, seulement de légères blessures.

Depuis cette histoire, mon fils a du mal à dormir la nuit. Lorsqu’il arrive enfin à s’endormir, son sommeil est très agité.

On n’ose plus sortir de l’immeuble, on a peur d’être une nouvelle fois pris pour cible. Cette agression a eu lieu le même jour que l’attentat en Nouvelle-Zélande. On a peur que cela nous arrive aussi ici. On ressent l’hostilité de la population au quotidien. L’autre jour, le personnel d’un supermarché m’a demandé de sortir du magasin. Or, je ne faisais rien de mal, je venais juste faire quelques courses.

On ne se sent pas en sécurité ici. Dorénavant, quatre personnes font des tours de garde toutes les nuits pour éviter que des personnes s’introduisent dans l’immeuble et nous attaquent encore."

 

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