La mission Sophia a secouru 45 000 personnes en mer depuis 2015. Crédit : DW
La mission Sophia a secouru 45 000 personnes en mer depuis 2015. Crédit : DW

L’opération européenne navale Sophia - qui lutte contre les passeurs et porte secours aux migrants - a pris fin. En cause : le désaccord européen sur la question des ports de débarquement. La majorité des pays de l’UE restent réticents à accueillir les migrants secourus en mer. Seules des patrouilles aériennes seront encore menées par Sophia.

L'Union européenne a décidé mercredi 27 mars de suspendre temporairement le déploiement de ses moyens navals de sauvetage des migrants au large de la Libye, qui avait été entamé en 2015 dans le cadre de la mission militaire Sophia, a annoncé un responsable européen.

"À ce stade aucune solution n'a été trouvée sur la question du débarquement" des migrants secourus, a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat.

La coalition au pouvoir à Rome depuis 2018 exige de changer les règles qui imposaient jusqu’à présent de débarquer les naufragés recueillis par les navires de Sophia dans des ports italiens. Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, répète depuis plusieurs mois que tous les ports du pays sont fermés aux migrants.

Les 28 pays de l’UE se sont toutefois accordés sur un point : les patrouilles aériennes de Sophia, qui seront prolongées jusqu’en septembre 2019.

Un aspect minime de la mission Sophia, confesse un responsable européen. "L'opération Sophia est une opération navale. C'est clair que sans les moyens maritimes, elle ne sera plus à même d'appliquer efficacement son mandat". Depuis le début de sa mission en 2015, Sophia a secouru environ 45 000 personnes en mer, soit 9% du total des migrants secourus en Méditerranée.

Continuer à former les garde-côtes libyens 

Outre ses opérations aériennes, la prolongation de la mission porte aussi sur un autre aspect : la formation des gardes-côtes libyens à la lutte contre le trafic d'êtres humains. Ce point cristallise des tensions avec des nombreuses ONG européennes qui accusent les Libyens de méconnaître les règles du secours maritime et de maltraiter les naufragés.

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L'accord, a encore précisé le même responsable, doit faire l'objet, probablement d'ici la fin de la journée, d'une adoption formelle par le Conseil de l'UE (instance représentant les États membres).

Sous commandement italien, le quartier général de la mission est basé à Rome et la marine italienne est très impliquée dans les opérations menées au large de la Libye.

Une des frgates de la flotte de la mission Sophia Crdit  UENAVFOR MED

 

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