Gebran Bassil, le ministre des Affaires étrangères libanais, à Beyrouth, le 4 juin 2018. crédit : Reuters
Gebran Bassil, le ministre des Affaires étrangères libanais, à Beyrouth, le 4 juin 2018. crédit : Reuters

En déplacement en République tchèque, le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a estimé que la politique menée par la Hongrie et la Pologne contre l’immigration était une "inspiration". Selon lui, les réfugiés syriens au Liban devraient "retourner dans leur pays" car "chaque État doit faire de ses intérêts nationaux une priorité".

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a salué mercredi 27 mars à Prague, en République tchèque, la ligne dure adoptée par les pays d'Europe centrale et de l'Est envers l'accueil des réfugiés sur leur sol.

Selon le ministre libanais, leur politique anti-migrants devrait être une "inspiration" pour son pays, où résident de nombreux réfugiés syriens.

Gebran Bassil a exprimé son admiration envers la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, et la Slovaquie, qui forment le groupe Visegrad, et connus pour leur rejet de l’accueil des migrants. Le groupe Visegrad refuse les quotas de répartition proposés par l'UE à la suite de la crise migratoire de 2015-16, qui a vu l'afflux de plus d'un million de migrants en Europe.

Leurs dirigeants populistes dont le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le chef du parti PiS polonais Jaroslaw Kaczynski et le président tchèque Milos Zeman, ont vivement dénoncé la politique d'accueil des réfugiés syriens en Allemagne au plus fort de la crise.

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"Chaque État doit faire de ses intérêts nationaux sa première priorité", selon Bassil

Ces pays ont "agi en faveur de leur intérêt national et ont décidé que la répartition des réfugiés au sein de l'Europe n'était pas dans leur intérêt national, en dépit des sanctions imposées par l'UE", a déclaré Gerban Bassil, devant la presse. "Cette attitude devrait servir d'inspiration pour le Liban car chaque État doit faire de ses intérêts nationaux sa première priorité. En ce moment, le principal intérêt national du Liban est le retour des réfugiés syriens dans leur pays d'origine", a-t-il ajouté. "Ce serait d'une utilité extrême pour le Liban et la Syrie, et ce serait la meilleure solution à la crise humaine, humanitaire et politique à laquelle nous faisons face à l'heure actuelle et qui risque de s'aggraver encore à l'avenir", a souligné le ministre libanais.

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Le Liban estime à 1,5 million le nombre de Syriens vivant sur son sol (pour une population totale de 4 millions), dont moins d'un million sont inscrits auprès du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés. 

Le président libanais, Michel Aoun, parle, lui aussi, du retour des réfugiés syriens dans leur pays, mais en des termes moins polémiques. Cette semaine, en déplacement en Russie, le chef de l'État libanais a convenu qu'il fallait "créer des conditions propices" avant leur retour en Syrie.  Les Nations Unies ont averti que les conditions dans ce pays ravagé par la guerre ne sont pas encore réunies pour un tel retour.  Selon RFI, en 2018, plus de 170 000 réfugiés sont ainsi rentrés chez eux. En 2019, le Liban espère porter ce nombre à plus de 200 000.

La plupart des réfugiés vivent dans une large précarité et comptent essentiellement sur les aides internationales pour survivre.

 

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