Image du sauvetage du Aylan Kurdi en Méditerranée, mercredi 3 avril 2019. Crédit : Sea-Eye
Image du sauvetage du Aylan Kurdi en Méditerranée, mercredi 3 avril 2019. Crédit : Sea-Eye

Des dizaines de migrants, dont des enfants et un nouveau-né, ont été secourus mercredi par le Aylan Kurdi de l’ONG allemande Sea-Eye. L’Italie et Malte refusent d’accueillir les rescapés.

Le navire humanitaire Aylan Kurdi de l’ONG allemande Sea-Eye a secouru, mercredi 3 avril, 64 migrants, dont dix femmes et cinq jeunes enfants et un nouveau-né, qui se trouvaient dans un canot perdu dans les eaux internationales au large de la Libye. Tous sont sains et saufs à bord du navire, mais celui-ci cherche désormais un port sûr pour les débarquer.

Le collectif Alarm Phone affirme avoir reçu un appel de détresse mercredi matin vers 10h30 ainsi que les coordonnées de la position du canot qui se trouvait au large de Zouara dans le nord-ouest de la Libye. Cherchant à prévenir les garde-côtes libyens, officiellement en charge des secours dans cette zone depuis juin 2018, Alarm Phone a indiqué que “les autorités contactées étaient injoignables”.

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“Ce n’est pas surprenant”, a réagi Vincent Cochetel, envoyé spécial des Nations unies pour la Méditerranée centrale. “Les garde-côtes libyens ne sont pas opérationnels la nuit, ils mettent des heures à répondre aux sollicitations, ne répondent jamais aux emails et ne parlent pas anglais”, a-t-il expliqué, ajoutant que la mise en place d’un système de secours “indépendant” était “crucial pour sauver des vies”.

Devant le silence des Libyens, Alarm Phone s’est donc tourné vers l’ONG Sea-Eye et vers son navire humanitaire le Aylan Kurdi qui patrouillait dans la zone depuis une semaine pour aller secourir les migrants. Sur Twitter, les secouristes ont indiqué que tous les rescapés se portaient bien mais que les conditions de vie sur le bateau étaient difficiles. “Il fait froid et le temps empire. Les femmes et les enfants sont sous le pont. Cependant, la plupart des gens dorment en plein air”, peut-on lire.

“Un navire battant pavillon allemand, une ONG allemande, un armateur allemand et un capitaine de Hambourg (...). Bien, qu'il aille à Hambourg”, port du nord de l'Allemagne, a réagi le ministre italien.

À plusieurs reprises ces derniers mois, des navires humanitaires chargés de migrants secourus en mer se sont trouvés bloqués au large des côtes européennes en attente d’une autorisation de les débarquer. Certains ont dû attendre des jours voire des semaines dans des conditions difficiles à bord des navires avant que les pays européens trouvent un accord de répartition des rescapés.

Près d'une centaine d'autres migrants portés disparus

Par ailleurs, depuis la semaine dernière, Sea-Eye et Alarm Phone ont aussi annoncé avoir reçu des appels au secours en provenance de deux canots partis de Libye, l'un le 23 mars avec 41 personnes à bord et l'autre lundi avec environ 50 personnes à bord.

Les garde-côtes italiens ont annoncé mardi avoir été informés de la présence du second canot et avoir transmis ces informations aux garde-côtes libyens. Mais selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui est généralement présente au débarquement des migrants secourus par les garde-côtes libyens, il n'y a "toujours aucune nouvelle" de ces deux embarcations.

Dans les deux cas, le Aylan Kurdi s'est rendu dans la zone et a cherché en vain pendant plusieurs jours. "Malheureusement, cela confirme que les capacités de recherches et de secours en Méditerranée ont baissé et doivent être renforcées", a commenté le porte-parole de l'OIM pour la Méditerranée, Flavio Di Giacomo.

 

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