Crédit : RFI
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Le Mali a-t-il, oui ou non, signé le 11 décembre dernier un accord de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière dans les pays de l’Union européenne (UE) ? Bamako dément, l'UE dans un premier temps a dit oui, avant de se rétracter à la demande du Mali. Un avocat malien s'est penché sur la question.

Maître Amadou Tieoulé Diarra est un avocat malien de renom. Il dirige à Bamako la Ligue pour la justice et des droits de l'homme. Ce juriste a regardé à la loupe le communiqué signé et publié côté malien.

Dans un premier temps, il explique que le communiqué sur les migrations, signé d'un côté par le Mali, et de l'autre, par M. Bert Koenders, ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas et envoyé de l'Union européenne, n'a rien de contraignant.

« Est-ce que l'accord conjoint en cache un autre ? »

« Le communiqué conjoint, à vue d’œil, n’a aucun caractère contraignant. Par contre, est-ce que l’accord conjoint en cache un autre ? La question de fond, c’est cela. »

En fait, explique-t-il, si, après la signature de ce communiqué, l'envoyé de l'Union européenne s'est empressé de tweeter que l'UE et le Mali viennent de signer un accord de réadmission des sans-papiers, avant de démentir à la demande de Bamako, c'est que, quelque part, un piège a été tendu au Mali.

« Dans la réalité, il y a des documents officiels qu’on présente au peuple mais également des annexes que l’on ne montre pas aux gouvernés », rappelle Me Amadou Tieoulé Diarra.

Pour calmer définitivement les esprits, il propose que le Mali et l'Union européenne publient séparément tous les documents qui ont été signés par les deux parties.



 

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