Bruce Forster /Getty Images | En France, il n'est pas rare pour des petits enfants d’immigrés de porter deux prénoms. (photo d'illustration)
Bruce Forster /Getty Images | En France, il n'est pas rare pour des petits enfants d’immigrés de porter deux prénoms. (photo d'illustration)

Une enquête de l’Institut national des études démographiques (Ined) présentée mercredi 10 avril a permis à deux chercheurs d’analyser les prénoms le plus souvent donnés sur trois générations. Entre attachement aux racines et envie d’éviter les discriminations pour l'avenir de leurs petits-enfants, les prénoms donnés oscillent entre des choix familiaux et des contraintes de la société.

L'enquête montre une évolution du choix du prénom sur trois générations. Quand José ou Maria sont les prénoms portés par une majorité d’immigrés d'Europe du Sud, leurs petits enfants nés sur le sol français s'appellent aujourd'hui Thomas ou Léa.

Une différence plus forte pour les immigrés d’Afrique du Nord : 95% des grands-parents s'appellent Mohamed ou Fatiha et en revanche, leurs petits enfants ne sont que 17% à porter des prénoms marquant l'appartenance à une communauté ou à une religion.

Eviter la discrimination, faciliter l'intégration

L’évolution vers un prénom dit "courant" s’est faite selon deux critères. Tout d'abord éviter aux petits enfants des discriminations durant leur vie, comme lors de la recherche d'un emploi. Puis le second, appelé "stratégie d’invisibilité", amène les parents à choisir un prénom proche, à la fois de la culture française, et à la fois de celle du pays d’origine, pour faciliter l'intégration, comme Inès ou Adam.

Deux prénoms

Mais il n'est pas rare pour des petits enfants d’immigrés de porter deux prénoms. Par exemple la journaliste Mélissa Theuriau et l'acteur Jamel Debbouze ont appelé leur garçon Léon Ali et leur fille Lila Fatima. Le prénom "français" sert dans la vie quotidienne. Le second, utilisé à la maison, porte les origines de la famille.

En conclusion, la rencontre entre population majoritaire et descendants d’immigrés ne se fait pas autour de prénoms typiquement "français" mais bien de prénoms internationaux auxquels tous peuvent s'identifier.

►L'enquête à lire sur le site de l'Ined

 

Texte initialement publié sur : RFI

 

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