Malgré les mises à l'abri, une centaine de migrants occupe toujours le squat St-Just, à Marseille. Crédit : InfoMigrants
Malgré les mises à l'abri, une centaine de migrants occupe toujours le squat St-Just, à Marseille. Crédit : InfoMigrants

Malgré les mises à l’abri effectuées les 4 et 5 avril par une cinquantaine de travailleurs sociaux mandatés par le Conseil Départemental et la préfecture, une centaine de migrants, dont de nombreux mineurs, sont restés sur le carreau. Ils occupent le squat St-Just à Marseille depuis bientôt quatre mois.

Une semaine après l’évacuation partielle du squat Saint-Just, à Marseille, 96 personnes demeurent sur place dont 35 enfants et 18 mineurs non accompagnés, annonce le Collectif 59 qui soutient les personnes installées dans le bâtiment depuis la mi-décembre.

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“Des familles (...) ont choisi de refuser ces propositions puisque aucune garantie ne les prémunissaient de se retrouver à nouveau à la rue dans un futur très proche”, indique le collectif dans un communiqué.

Le préfecture, de son côté, estime que ces familles ont agi sous l’influence de quelques militants. “Pierre Dartout, le préfet des Bouches-du-Rhône, condamne les entraves qui ont été faites à l'intervention des travailleurs sociaux (...). Il déplore vivement que la mise à l’abri de 16 familles n’ait pu aboutir alors même que l’État proposait des solutions adaptées à chacune d'entre elles”, peut-on lire dans un communiqué de la préfecture.

“Une femme avec un enfant en fauteuil roulant orientée dans un hôtel sans ascenseur”

Mais le Collectif 59 ne l’entend pas de la sorte et dénonce “des propositions [de relogement] orales et floues, de la pression et des menaces. Autant d'obstacles au choix libre et conscient des personnes.” Selon les militants, les propositions de relogement allaient de “rien” à “quatre à dix nuits d'hôtel” ou au mieux “un à deux mois d'hôtel en attente d'un hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA)”. “Les personnes demandant l'asile ont fait face à des menaces selon lesquelles elles pourraient perdre leurs droits à tout hébergement et à une aide financière si elles refusaient ces propositions”, affirme le collectif.

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Depuis des semaines, les occupants du bâtiment demandent à bénéficier d'une “évaluation sociale” qui leur aurait permis de trouver des solutions pérennes d'hébergement. “Les situations de vulnérabilité, de santé, de handicaps n'ont pas été prises en compte” lors de l’opération de mise à l’abri, poursuit le collectif. “La défiance des institutions face aux bénévoles a conduit à des placements sans prise en compte des situations individuelles. À titre d'exemple, une femme avec un enfant en fauteuil roulant a été orientée dans un hôtel sans ascenseur.”

La situation pour les familles restées au squat est pour le moment dans l’impasse. La préfecture indique que “l’État se tient à la disposition du diocèse, propriétaire des lieux, pour intervenir de nouveau et évacuer le site lorsque les conditions seront réunies en droit.”

Le diocèse, qui vient de vendre le bâtiment à un institut de formation, n'a pas ouvert de procédure judiciaire à l'encontre des squatteurs, ce qui exclut une évacuation policière du site, selon une source proche du dossier.

 

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