Capture d'écran du bâtiment de la Bourse du travail à Saint-Etienne. Crédit  : Google Street View
Capture d'écran du bâtiment de la Bourse du travail à Saint-Etienne. Crédit : Google Street View

Après une douzaine de jours d’occupation, les dizaines migrants qui dormaient dans les salles de réunion de la Bourse du travail à Saint-Etienne, au sud de Lyon, ont été évacués par la police vendredi matin.

Une centaine de migrants qui occupaient depuis le 1er avril la Bourse du travail de Saint-Etienne, dans le centre-est de la France, ont été évacués vendredi 12 avril au matin. “Les policiers ont défoncé les portes du bâtiment à 6h20. Ils ont installé tous les migrants dans l'auditorium tandis que les citoyens militants qui dormaient à l'intérieur ont été contrôlés avant d'être expulsés”, indique le journal local Le Progrès.

Or, selon cette même source, le préfet avait donné son accord pour que l’évacuation ait lieu à 9h, avec des bus préfectoraux devant accueillir les migrants. “Le préfet nous a trahis, il n’a pas tenu sa parole. Nous sommes K-O debout, mais nous allons nous relever", promettent les membres du collectif de militants qui soutient les occupants.

Selon un journaliste de l’AFP qui se trouvait sur place, les migrants -majoritairement des demandeurs d’asile à la rue- accompagnés de plusieurs militants associatifs ont été escortés à l’extérieur par la police vers 8h.

“Une solution trouvée pour chacune des personnes”

À la sortie des migrants, une quarantaine de militants étaient rassemblés, brandissant des pancartes et scandant "non aux expulsions !" ou encore "non aux enfants sans toit !".

"Des représentants des services sociaux de la préfecture étaient présents en vue de proposer une solution de relogement à 77 personnes dont la demande d'asile est en cours", a indiqué à l’AFP un représentant de la Ligue des droits de l'Homme, présent sur place.

La préfecture, de son côté, a fait état d’une "cinquantaine de personnes qui, dans leur quasi totalité, sont des demandeurs d'asile". Elle affirme qu’une “solution a été trouvée pour chacune des personnes recensées à la date du 9 avril 2019. Il est à noter qu'un certain nombre de familles sont d'ores et déjà prises en charge", a-t-elle assuré.

Les militants, eux, dénoncent des solutions non-pérennes affirmant que beaucoup de familles ne s’étaient vues proposer que quelques jours d’hôtel.

Salles débarrassées et serrures changées

La justice avait ordonné l'expulsion des migrants le 3 avril au lendemain d'une plainte déposée par le maire Les Républicains de Saint-Etienne Gaël Perdriau pour l'occupation illégale des locaux depuis le 1er avril au soir par plusieurs dizaines de sans-abri, originaires d'Afrique et d'Europe centrale. Ils avaient investi les lieux "à la fin de la trêve hivernale et face à l'absence de logements proposés par l'État, contrairement à ce que la loi prévoit", d'après le collectif de militants.

Dans un communiqué, le maire Gaël Perdriau avait justifié sa décision de porter plainte en invoquant des questions de sécurité. Il avait aussi tenu à mentionner que "Saint-Etienne est profondément attachée à sa tradition d'accueil des réfugiés politiques et son histoire est le témoin de cette exigence qui a traversé le temps".

La police devait terminer de vider les affaires laissées sur place dans la matinée. Puis les services techniques devaient ensuite changer les serrures du bâtiment. Les organisations syndicales qui ont leurs bureaux à la Bourse du travail ont été autorisées à en reprendre possession dans l’après-midi.

 

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