Une réfugiée avec son enfant face à la police grecque à Diavata | Photo: Reuters/A.Avramidis
Une réfugiée avec son enfant face à la police grecque à Diavata | Photo: Reuters/A.Avramidis

La route migratoire de la Grèce vers les pays d'Europe de l'Ouest reste semée d'embûches. Explications.

Début avril, la police grecque a eu recours à du gaz lacrymogène contre des migrants près de la ville de Thessalonique, au nord du pays, afin de les empêcher de rejoindre la frontière de la Macédoine du Nord.

Leur but était d'arriver en Europe centrale et de l'Ouest. Sur la base de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, ces migrants pensaient que les frontières de la Grèce avec la Macédoine du Nord et avec l'Albanie étaient ouvertes.

Près de 2 000 personnes ont ainsi cru ces rumeurs et sont parties vers le nord de la Grèce avant de finalement rebrousser chemin au bout de quelques jours.

Environ 70 000 migrants vivent actuellement en Grèce et dans les Balkans de l'Ouest. Beaucoup d'entre eux voudraient progresser davantage vers le nord, mais ce chemin est semé d'embûches. La Macédoine du Nord et la Hongrie ont érigé des barbelés le long de leurs frontières méridionales il y a déjà plusieurs années. Dans le même temps, la Bulgarie est connue pour son mauvais traitement des réfugiés. Le pays a d'ailleurs été accusé par la Commission européenne et des organisations des droits humains de violer les lois européennes sur le droit d'asile.

Face à ces obstacles, la route migratoire à travers les Balkans s'est adaptée. Nous avons fait le point, pays par pays.

Grèce

Le point de départ de cette route reste la Grèce. Selon l'Organisation mondiale pour les migrations (OIM), près de 60 000 réfugiés vivent dans des centres d'hébergement ou des camps établis dans le pays. Les conditions de vie sur les îles grecques près de la côte turque ont souvent été pointées du doigt par des ONG, qui estiment que l'accès à l'eau potable et à des installations sanitaires propres n'est pas garanti.

Malgr les nombreux obstacles les migrants continuent  choisir la route des Balkans pour rejoindre lEurope de lOuest  Photo Picture-alliancedpaAEmricDepuis 2016 et le pacte migratoire signé entre la Turquie et l'Union européenne censé stopper l'arrivée massive de migrants par bateau sur des îles grecques de la mer Égée, le nombre de personnes qui tentent de rejoindre la Grèce par la mer Méditerranée a fortement diminué. Toutefois, selon l'agence européenne de protection des frontières, Frontex, 34 000 migrants ont réussi à atteindre le pays l'an dernier. Pour 2019, ce nombre s'établit pour le moment à 5 600 migrants d'après l'OIM.  

Bosnie-Herzégovine

Traverser la frontière entre la Grèce et la Macédoine du Nord ainsi qu'entre la Serbie et la Hongrie est interdit à moins de détenir une autorisation d'entrée sur le territoire. Par conséquent, de plus en plus de personnes choisissent de passer par l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine pour progresser vers l'Ouest et rejoindre la Croatie, pays faisant partie de l'Union européenne.

Selon un rapport de l'OIM, environ 10 000 migrants sont actuellement dans les Balkans de l'Ouest, dont 4 000 se trouvent en Bosnie-Herzégovine. 

Ce chiffre pourrait bien continuer à progresser, à en croire les craintes affichées par le gouvernement bosniaque, qui redoute que de plus en plus de personnes choisissent la Bosnie-Herzégovine ­– qui ne fait partie de l'Union européenne – pour rejoindre la Croatie. Entre les deux pays, la frontière est en partie montagneuse. Amnesty International a notamment critiqué la manière dont les migrants sont traités par la police croate des frontières. Selon le rapport de l'ONG publié le mois dernier, "beaucoup racontent comment ils ont été battus et intimidés, mais aussi comment on a volé ou détruit leurs papiers et leurs téléphones portables." La Croatie rejette néanmoins ces allégations.

De son côté, le ministre de la sécurité bosniaque Dragan Mektic a dit s'attendre à une "escalade" du "problème migratoire" et a déploré le manque de solutions au niveau européen.

L'an dernier, L'Union européenne a versé 9 millions d'euros à Sarajevo pour que le pays puisse abriter les réfugiés.

La Macdoine du Nord a ferm sa frontire avec la Grce  Photo ImagoZUMA PressMacédoine du Nord et Bulgarie

En Macédoine du Nord, selon les informations de la Deutsch Welle, les hébergements pour réfugiés se sont vidés depuis que le pays a fermé sa frontière avec la Grèce. D'après l'OIM, à peine 35 migrants y sont logés actuellement.

De son côté, la Bulgarie a renforcé sa protection de la frontière, suite à des affrontements entre des réfugiés et la police en Grèce. La position très ferme des autorités bulgares face aux flux migratoires a produit les effets souhaités. En 2015 et 2016, près de 20 000 personnes par an avaient déposé une demande d'asile en Bulgarie. Ce chiffre a dégringolé pour atteindre 2 500 demandes en 2018 selon l'agence nationale bulgare pour les réfugiés.

Auteure : Doris Pundy

Première publication : 15 avril 2019

Source: dw.com

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