Une quinzaine de jeunes ont agressé un militant de l'association Roya citoyenne. Crédit : InfoMigrants
Une quinzaine de jeunes ont agressé un militant de l'association Roya citoyenne. Crédit : InfoMigrants

Un membre de l’association Roya citoyenne, à la frontière franco-italienne, a été violemment agressé à son domicile, alors qu’il hébergeait quatre demandeurs d’asile. Le militant souffre d’un traumatisme crânien et de nombreuses contusions. Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour violences volontaires.

Dans la nuit de samedi 13 à dimanche 14 avril, un membre de la Roya citoyenne a été victime d’une "agression sauvage" à Contes, commune de l’arrière-pays niçois, selon un communiqué de l’association d’aide aux migrants à la frontière franco-italienne.

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Retour sur les faits, tels que décrits par les militants. Vers une heure du matin, une quinzaine de jeunes munis de barres de fer ont essayé d’entrer de force dans l’appartement du militant, qui hébergeait quatre migrants originaires du Nigéria. N’arrivant pas à défoncer la porte d’entrée, les agresseurs sont redescendus à l’extérieur de l’immeuble et ont jeté des projectiles en direction des fenêtres de la victime, qui ont "toutes étaient brisées".

Le militant a été touché à la tête, et a été transféré d’urgence à l’hôpital après avoir perdu connaissance. L’homme souffre d’un "traumatisme crânien et de nombreuses contusions avec points de suture", dit le communiqué.

Sa voiture a été également été détruite par les agresseurs.

Les demandeurs d’asile hébergés dans l’appartement souffrent, quant à eux, de blessures légères.

"Tout le monde dormait, ils ont eu très peur", explique à InfoMigrants Patricia, porte-parole de l’association. "Les migrants et le militant sont traumatisés. Le membre de l’association s’en veut de n’avoir pas su protéger les demandeurs d’asile", dit-elle encore.

Ouverture d’une enquête

Quelques semaines plus tôt, le militant avait déjà été victime d’une agression du même type "probablement par les mêmes personnes", ajoute Patricia. Il s’était aussi vu reprocher "à plusieurs reprises le fait d’aider et d’héberger des migrants en permanence chez lui".

Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour violences volontaires. Confiée à la gendarmerie, l’enquête a permis d’entendre une première personne en garde à vue, laquelle a été levée. D’autres auditions sont prévues, a précisé à l’AFP le parquet.

"Nous attendons du Procureur le même acharnement à trouver et poursuivre ces agresseurs barbares que celui qu’il met dans la poursuite des citoyens engagés dans la solidarité envers les personnes migrantes dans les Alpes-Maritimes !", peut-on lire dans le communiqué.

Plusieurs membres de l’association, dont le célèbre agriculteur Cédric Herrou, ont déjà été poursuivis en justice pour l’aide qu’ils ont apportée à des migrants arrivés clandestinement d’Italie.

 

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