Crédit : France 24
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Dans un communiqué publié vendredi, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé les violences policières exercées contre les migrants, notamment dans le nord de la capitale parisienne. Selon l’association, les policiers n’hésiteraient pas à confisquer leurs couvertures, en plein hiver. La plupart des personnes concernées campent dans le froid devant l’entrée du centre humanitaire de La Chapelle, qui affiche complet, et attendent une place au chaud.

Dans un communiqué virulent, Médecins sans frontières a dénoncé vendredi 6 janvier la multiplication des violences policières contre les migrants, dans la capitale parisienne notamment, près du centre humanitaire de La Chapelle (18e arrondissement). "Les forces de l’ordre réveillent les migrants en pleine nuit et leur confisquent leurs couvertures. En une semaine de consultations ambulatoires, les équipes de Médecins sans frontières ont déjà dû prendre en charge huit personnes proches de l’hypothermie", peut-on lire dans leur communiqué.

Beaucoup de migrants patientent jour et nuit devant l’entrée du centre de La Chapelle, qui affiche complet, dans l’espoir d’une place d’hébergement. Mais le centre parisien ne laisse passer qu’au compte-goutte de nouveaux arrivants, ses 400 places en chambres chauffées étant toutes occupées. En plein hiver et avec des températures qui passent sous la barre de 0 degré la nuit, dormir dehors peut avoir des conséquences dramatiques.

Pour remédier au problème, Emmaüs, le gestionnaire du centre d'accueil, a mis en place, la semaine dernière, un nouveau mode de fonctionnement : l'association fixe désormais des rendez-vous nominatifs aux personnes qui patientent à l'extérieur. Elle espère ainsi inciter les migrants à ne pas rester dormir devant le centre, la nuit.
De son côté, le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, s’est offusqué de la mise en cause des forces de l’ordre. "Je ne partage absolument pas la vision [de MSF]", a-t-il déclaré. Le "travail" des policiers, "c'est de [de le] faire, avec toute l'humanité qui est consubstantielle à [leur] responsabilité", a-t-il insisté tout en reconnaissant que "[…] quelquefois, il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l'abri quelqu'un".

Les interventions de la police sont destinées à "éviter la reconstitution de campements", expliquait également une source policière, la semaine dernière. Pour Corinne Torre, coordinatrice de programmes à MSF, les forces de l'ordre se livrent surtout à "une tentative dérisoire de soustraire cette population en détresse à la vue du public".

>> À lire sur France 24 :Comment fonctionne le camp de réfugiés à La Chapelle ?

Le centre parisien "de premier accueil" pour migrants a ouvert le 10 novembre. Plus de 2 200 hommes seuls y ont été transité depuis, pour une durée de cinq à dix jours. L'État et la Ville de Paris ont promis 200 places supplémentaires. Le centre a été créé pour mettre fin au cycle qui a vu s'enchaîner l'installation et le démantèlement d'une trentaine de campements dans le nord de la capitale depuis l'an dernier.
 

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