Le Mare Jonio. Crédit : picture-alliance/dpa/Mediterranea/Sea Watch
Le Mare Jonio. Crédit : picture-alliance/dpa/Mediterranea/Sea Watch

Le bateau italien, de l’ONG Mediterranea, n’est pas apte à procéder à des opérations de sauvetage, ont déclaré les garde-côtes italiens. Il ne répondrait pas aux normes réglementaires, selon les autorités. Le Mare Jonio crie au scandale.

Le Mare Jonio, le navire humanitaire italien qui avait secouru à la mi-mars 49 migrants au large de la Libye, a été déclaré inapte à faire des opérations de sauvetage en mer, ont annoncé mercredi 24 avril les garde-côtes italiens.

Victime d'une avarie, le navire a été inspecté dans le port de Marsala, en Sicile, par des garde-côtes spécialisés dans la sécurité maritime. Ils ont conclu que le Mare Jonio ne répondait pas aux normes pour faire des opérations de secours et garantir la sécurité de l'équipage.

Le Mare Jonio a en outre été sanctionné pour des irrégularités à bord, précisent les garde-côtes dans un communiqué.

"C’est un acte qui a pour seul but d’intimider, c’est inadmissible", a écrit l'ONG Mediterranea dans un communiqué. "Le Mare Jonio fonctionne en conformité avec les règles […] Comme tout navire, nous avons le droit et le devoir établi par les articles 489 et 490 du code de navigation italien d’intervenir dans le sauvetage des bateaux et des personnes en difficulté".

En mars, le bateau avait secouru 49 migrants au large de la Libye, refusant d'attendre une vedette des garde-côtes libyens qui se trouvait dans les environs, et les a conduits vers l'île italienne de Lampedusa, où il a été placé sous séquestre dans le cadre d'une enquête pour aide à l'immigration clandestine.

"[Au regard de la situation actuelle] nous devons conclure qu’au sein du gouvernement italien, certains auraient préféré que ces 49 personnes se noient", peut-on encore lire dans le communiqué de l’ONG. Une semaine plus tard, la justice avait levé le séquestre et le bateau avait pu repartir.

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), avait signé en mars une nouvelle directive contre les ONG secourant des migrants au large de la Libye, visant tout particulièrement le navire italien Mare Jonio, affrété par le collectif de gauche et d'extrême gauche Mediterranea.

La directive intime aux navires privés, et nommément au Mare Jonio, le seul parmi les navires d'ONG intervenus depuis l'an dernier à battre pavillon italien, de "respecter les prérogatives de coordination des autorités étrangères légitimement" en charge des secours.

Avec l'immobilisation du Mare Jonio, plus aucun navire de secours n'est actuellement présent en mer Méditerranée.

 

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