Une vedette des garde-côtes libyens en mer Méditerranée. Crédit : compte Twitter des garde-côtes libyens
Une vedette des garde-côtes libyens en mer Méditerranée. Crédit : compte Twitter des garde-côtes libyens

Mardi 30 avril, les garde-côtes libyens ont intercepté 96 migrants qui tentaient de rejoindre l'Europe via la mer Méditerranée. Les rescapés, majoritairement des Soudanais et des Bangladais, ont été ramenés en Libye et conduits dans le centre de détention de Khoms, à l'est de Tripoli.

Les garde-côtes libyens ont intercepté mardi 30 avril, dans la soirée, en mer Méditerranée une embarcation de fortune transportant 96 migrants, qu'ils ont ramenés dans la ville de Khoms, dans le nord-ouest du pays, a annoncé mercredi la marine nationale.

Les migrants étaient tous des hommes, majoritairement des Soudanais et des Bangladais, précise le communiqué.

"Une vedette des garde-côtes [...] a intercepté mardi un bateau pneumatique vétuste transportant 96 migrants clandestins [...] Après avoir bénéficié d'aides humanitaires et médicales, ils ont été remis à l'Organe de lutte contre l'immigration clandestine et transportés au centre d'hébergement de Khoms", a affirmé la marine libyenne dans un communiqué.

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L'Organisation internationale de la migration (OIM) a confirmé avoir mené des "contrôles médicaux" à leur débarquement et a affirmé que le centre d'hébergement cité par la marine était dans les faits un "centre de détention", à l'image de nombreux autres en Libye.

"Alors que nous nous assurons de leur apporter l'assistance nécessaire dans le centre de détention, nous réaffirmons que la Libye n'est pas une destination sûre et qu'il faut mettre fin aux détentions arbitraires", a déclaré la délégation de l'OIM en Libye sur son compte Twitter.

À l'heure actuelle, seul un navire humanitaire, le Mare Jonio, est présent dans la zone de détresse (SAR zone) au large de la Libye. Mais il est arrivé sur zone mercredi 1er mai. Aucun autre bateau d'ONG n'est actuellement présent en mer Méditerranée pour porter secours aux embarcations de fortune.

Selon Flavio Di Giacomo, le porte-parole de l'OIM, "il est nécessaire de renforcer la présence de navires de sauvetage internationaux en mer Méditerranée" pour éviter aux migrants de retourner dans un pays "où il y a des combats".

La Libye, en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi, est plongée dans une nouvelle spirale de violence depuis l'offensive militaire lancée le 4 avril par Khalifa Haftar, l'homme fort de la partie orientale du pays. Le maréchal Haftar souhaite conquérir conquérir Tripoli, siège du Gouvernement d'union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj et reconnu par la communauté internationale.

Les forces loyales au GNA et celles de l'autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar s'affrontent dans la banlieue sud de la capitale ainsi que plus loin au sud de la ville.

Les combats qui durent depuis près d'un mois ont fait 376 morts et 1 822 blessés, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié mercredi. Plus de 40 000 personnes ont également fui les combats, selon l'ONU.

L'adjointe à l'émissaire spécial de l'ONU en Libye, Maria do Valle Ribeiro, s'est dit par ailleurs "très préoccupée" par le sort de "3 500 migrants et réfugiés [qui] sont en danger dans des centres de détention situés près de zones d'affrontements", dans une interview à l'AFP dimanche dernier.

 

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