La clôture grillagée à côté du village de Röszke, en Hongrie. Crédit : Reuters
La clôture grillagée à côté du village de Röszke, en Hongrie. Crédit : Reuters

L’ONU demande à la Hongrie de ne plus priver les migrants de repas dans ses centres de transit à la frontière serbo-hongroise. Rappelé à l’ordre plusieurs fois, le pays européen refuse de nourrir les déboutés du droit d’asile.

La mise en garde de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) n’aura servi à rien. Plus de deux mois après avoir été épinglée par l’instance européenne de justice, la Hongrie est de nouveau rappelée à l’ordre, cette fois par l’ONU, pour sa gestion des migrants présents sur son sol.

Le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a accusé vendredi 3 mai les autorités hongroises d’avoir délibérément refusé de nourrir des migrants déboutés du droit d’asile dans des centres de transit à la frontière avec la Serbie.

La Hongrie, État membre de l’Union européenne, avait pourtant promis de mettre fin à cette pratique après la mise en garde de la CEDH en février 2019.

Privés de repas pendant cinq jours

"Au moins 21 migrants attendant d'être expulsés avaient été privés de nourriture par les autorités hongroises - dans certains cas jusqu'à cinq jours" depuis août 2018, selon le Haut-commissariat. L’ONU s’inquiète de la poursuite de cette pratique et regrette que la loi hongroise n’ait pas été modifiée pour empêcher ce type d’abus.

Selon la porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, une fois leur demande d'asile rejetée, tous les migrants adultes, à l'exception des femmes enceintes et allaitantes, "sont délibérément privés de nourriture".

En août 2018, une enquête de l’ONG Human Right Watch révélait que l’Office hongrois de l’immigration avait décidé de cesser de distribuer de la nourriture aux personnes déboutées de leur demande d’asile et retenues dans les centres de transit, même si ces dernières avaient fait appel de leur rejet.

Les conditions de vie dans les deux zones de transit en Hongrie –Tompa et Röszke – sont régulièrement critiquées par les ONG, les organisations internationales et l’Union européenne.

>> À lire sur InfoMigrants : La CEDH demande à la Hongrie d’améliorer les conditions de vie des migrants dans les centres de transit

La Hongrie rejette toute responsabilité

"Nous encourageons la Hongrie à respecter ses obligations en matière de droits humains à l'égard de ceux qui sont privés de liberté, qu'ils soient dans des zones de transit ou dans des centres de détention où ils ne peuvent pas subvenir à leurs besoins", a réitéré le Haut-Commissariat.

Côté hongrois, le gouvernement du conservateur Viktor Orban estime que "la Hongrie n'est pas responsable de ceux qui ne demandent pas l'asile, ni de ceux dont la demande a été rejetée". Sur le blog officiel du gouvernement, il considère que les migrants déboutés sont libres de quitter le pays et de retourner vers la Serbie.

En France, plusieurs personnalités politiques de gauche ont appelé à "sanctionner" la Hongrie pour "traitements indignes envers les migrants". 

 

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