Des marcheurs dans les Alpes françaises. Crédit : Pixabay
Des marcheurs dans les Alpes françaises. Crédit : Pixabay

Le Parquet de Gap a classé sans suite mardi le décès de deux migrants morts dans les Hautes-Alpes en 2018 peu après avoir franchi la frontière en provenance d’Italie. Les familles et des associations d’aide aux migrants avaient notamment accusé les gendarmes mobiles d’être à l’origine de ces drames.

L’an dernier, deux décès de migrants, survenus peu après avoir traversé la frontière franco-italienne, avaient provoqué l’émoi dans les Hautes-Alpes. Les associations locales d’aide aux migrants accusaient notamment les forces de l’ordre d’être à l’origine de ces drames, en forçant des hommes et des femmes à bout de force à se cacher en pleine montagne pour éviter les contrôles.

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Mais le parquet de Gap a annoncé mardi 7 mai avoir classé sans suite ces deux décès.

Retour sur les évènements. Le 7 mai 2018, une Nigériane de 21 ans, Blessing Matthew, était retrouvée noyée dans la Durance, à Saint-Martin-de-Queyrières, un village des Alpes-Maritimes.

La sœur de Blessing avait alors porté plainte contre les gendarmes, estimant qu’ils avaient tendu un "véritable guet-apens" au groupe dans lequel elle figurait. L’enquête a déterminé que les gendarmes mobiles s’étaient faits identifier explicitement avant un contrôle, provoquant la fuite de la jeune femme et de ses deux compagnons.

Selon le parquet, "les circonstances précises dans lesquelles [elle] aurait chuté dans la Durance demeurent inconnues en l’absence de témoignage direct" d’un autre migrant sur les dires duquel s’appuie la sœur de la victime.

"Absence d’infraction"

La section de recherches de Marseille a finalement "conclu à l’absence d’infraction susceptible d’être retenue à l’encontre des gendarmes mobiles".

La sœur de Blessing ne compte pas en rester là et a déposé lundi, avec l’aide de l’association Tous migrants, une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction de Gap. Cette procédure aboutira en principe à l’ouverture automatique d’une information judiciaire devant un juge d’instruction, et donc à une reprise d’enquête.

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Le parquet a par ailleurs classé mardi le décès de Mamadi Conde, un Guinéen de 44 ans, retrouvé le 18 mai 2018 dans une forêt à Montgenèvre, à quelques kilomètres de la frontière franco-italienne.

Une autre enquête est en revanche toujours ouverte à Gap après le décès de Tamimou Dermant, un Togolais de 28 ans retrouvé le 7 février sur la RN94 reliant la frontière italienne à Briançon. L’autopsie avait conclu à une mort sans doute par hypothermie.

Depuis plus de 20 mais, les Hautes-Alpes connaissent un afflux de migrants arrivant d’Italie par les cols frontaliers. La situation mobilise tant les sympathisants de ces personnes que les groupes identitaires qui s’y opposent.

 

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