Des migrants entrent dans le centre d'accueil de La Chapelle, Paris, le 10 novembre 2016. Crédit : Charlotte Boitiaux
Des migrants entrent dans le centre d'accueil de La Chapelle, Paris, le 10 novembre 2016. Crédit : Charlotte Boitiaux

Les demandes d’asile en France ont progressé de 6,5% en 2016 pour atteindre 85 000 dossiers déposés, selon l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Dans le haut du classement, on retrouve les Syriens et les Afghans. Mais les demandes des Albanais, issus pourtant d’un pays dit "d’origine sûre", ont elles aussi explosé.  

Les demandes d’asile ont augmenté en France avec un peu plus de 85 000 demandes enregistrées en 2016 par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). "Cela représente une hausse de 6,5% sur un an", a précisé à l’AFP le directeur général de l’Ofpra, Pascal Brice, qui n’a pas dévoilé de chiffres plus précis, attendant le rapport définitif prévu d’ici un ou deux mois. Dans le même temps, l’Allemagne a quant à elle enregistré 280 000 demandes.

"Un niveau historique"

Aux 85 000 demandes françaises, il faut toutefois ajouter celles des migrants n’ayant pas encore déposé leur dossier à l’Ofpra. La première étape de la procédure se fait en effet en préfecture, qui examine si les migrants ne relèvent pas plutôt d’un autre pays européens pour leur demande, au titre du règlement de Dublin. Aucun chiffre n’a été communiqué à ce sujet mais l’an dernier "25% des demandes d’asile enregistrées en préfecture ont été placées en procédure Dublin", assure Gérard Sadik de la Cimade, sur la base de chiffres de l’Intérieur, soit "18 000 dossiers environ". De ce fait, "on est plutôt autour de 100 000 demandes, un niveau historique", a-t-il ajouté.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a cependant estimé que l’augmentation restait "dans des proportions totalement acceptables pour notre pays".

"Cinq pays ont représenté 40% de la demande"

Le nombre de demandeurs ayant obtenu l’asile a ainsi augmenté, passant de 31% en 2015 à 38% l’an dernier. Cette progression est notamment liée aux nationalités des demandeurs d’asile. En effet, "cinq pays ont représenté 40% de la demande", avec "entre 5 et 6 000 dossiers chacun", a précisé Pascal Brice : l’Albanie, qui est pourtant sur la liste des pays dits "d’origine sûre", la Syrie, l’Afghanistan, le Soudan, déchirés par des conflits, ainsi qu’Haïti.

Les Syriens obtiennent ainsi l’asile à environ 97%, contre 80% pour les Afghans dont la "demande a d’ailleurs fortement progressé" note le directeur général de l’Ofpra. Plus surprenant, les demandes provenant des Albanais, dont la probabilité d’obtenir l’asile est pourtant très faible, "de l’ordre de 16%" au total. Dans une note interne que l’AFP a pu consulter, l’ambassadeur de France en Albanie soulignait déjà  début décembre que "l’Albanie est redevenue un pays majeur en matière d’immigration irrégulière", et que la situation "pourrait s’aggraver dans les prochains mois".

Le délai de traitement des demandes par l'Ofpra a lui continué à baisser, passant de sept mois en 2015 à cinq mois en 2016. "On sera à trois mois en 2017", a enfin assuré Pascal Brice.

 

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