Le Sea-Watch 3 qui a repris la mer le 11 mai a secouru, quatre jours plus tard, 65 migrants au large la Libye, dont plusieurs jeunes enfants. Crédit : Twitter @SeaWatch_Intl
Le Sea-Watch 3 qui a repris la mer le 11 mai a secouru, quatre jours plus tard, 65 migrants au large la Libye, dont plusieurs jeunes enfants. Crédit : Twitter @SeaWatch_Intl

Le Sea-Watch a effectué mercredi son premier sauvetage après trois mois de blocages judiciaires. Des dizaines de migrants, dont de jeunes enfants et une personne handicapée, ont été secourus, mais l’ONG n’a reçu, pour le moment, aucun accord pour les débarquer dans un port sûr.

Après près de trois mois d’immobilisation, notamment pour cause d'ennuis judiciaires, le navire humanitaire Sea-Watch 3, de l’ONG allemande du même nom, a repris la mer il y a moins d’une semaine et a déjà secouru des dizaines de migrants. Soixante-cinq personnes ont ainsi été sauvées des eaux internationales mercredi 15 mai, à 30 milles nautiques au nord de Zouara en Libye.

C'est l'avion Colibri de l'ONG française Pilotes volontaires qui a informé le Sea-Watch de la présence d'un canot en détresse. Parmi les soixante-cinq personnes secourues figurent 11 femmes, une personne handicapée, deux bébés, cinq enfants et huit adolescents mineurs non accompagnés, a indiqué Sea-Watch dans un communiqué.

“Beaucoup d’entre eux sont malades ou souffrent de brûlures, d’épuisement et de déshydratation”, ajoute l’ONG qui précise que tous les rescapés se portent tout de même globalement bien mais que leurs conditions de vies à bord sont difficiles, l’espace étant très restreint.

Les autorités libyennes, maltaises, italiennes et néerlandaises ont été averties du sauvetage, mais le navire - qui bat bat pavillon néerlandais - n’a, pour l’heure, aucun port sûr d’accueil où débarquer les migrants ni aucun refuge. Un bateau s’est même approché du Sea-Watch à l’aube, jeudi, pour ordonner à l’équipage de “quitter la zone”, informe l'ONG dans un tweet.

Fidèle à sa position habituelle, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), s’est empressé de réaffirmer que ses ports “sont et resteront fermés” aux navires humanitaires. Il a également publié une directive interdisant au Sea-Watch 3 de s'approcher des eaux territoriales italiennes.

En janvier, le Sea-Watch 3 avait secouru 47 migrants, qui étaient restés 12 jours en mer avant de pouvoir débarquer à Catane en Sicile après un accord pour les répartir entre plusieurs pays européens. Matteo Salvini avait réclamé la saisie du bateau et des poursuites contre l'ONG pour aide à l'immigration clandestine, mais les enquêteurs n'avaient relevé aucun délit et après être resté bloqué trois semaines par les garde-côtes pour "non-conformité", le navire avait pu repartir.

Arrivé à Marseille pour une escale technique, il est ensuite resté bloqué près de trois mois à cause de mesures prises aux Pays-Bas pour limiter ses activités. Il a finalement pu repartir samedi à la faveur d'une décision judiciaire. Comme le Sea-Watch, la plupart des navires humanitaires engagés au large de la Libye sont bloqués par des décisions administratives ou judiciaires.

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Mardi, le parquet de Catane a cependant requis le classement sans suite dans une enquête ouverte pour association de malfaiteurs en vue de favoriser l'immigration clandestine contre deux responsables de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms. En mars 2018, les sauveteurs espagnols avaient refusé de remettre aux garde-côtes libyens des migrants qu'ils étaient en train de secourir. Le parquet a estimé qu'il n'y avait aucune preuve de collusion avec les réseaux de passeurs.

 

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