Le Sea-Watch 3  en Méditerranée. Crédit : Picture-alliance/dpa/S.Cavalli
Le Sea-Watch 3 en Méditerranée. Crédit : Picture-alliance/dpa/S.Cavalli

Malgré les protestations du ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini, 47 migrants secourus par l’ONG allemande Sea Watch ont pu débarquer sur l’île sicilienne de Lampedusa dimanche. Le navire humanitaire a toutefois été saisi par la justice.

À peine a-t-il repris la mer que le Sea-Watch 3 est déjà de nouveau immobilisé. Le navire humanitaire de l’ONG allemande du même nom a débarqué, dimanche 19 mai à Lampedusa, en Italie, avec 47 migrants secourus quatre jours plus tôt. Les garde-côtes italiens avaient déjà autorisé le débarquement et la prise en charge des quelques familles avec enfants, soit une petite vingtaine de personnes.

Le débarquement des 47 restants a eu lieu après la saisie, quelques heures auparavant, du Sea-Watch 3 sur ordre d’un procureur de Sicile, pour avoir enfreint les règles d'immigration. Les migrants à bord ont été transférés par moto-vedettes vers la terre ferme en fin de soirée. À la date du 20 mai, plus aucun navire humanitaire ne sillonne la mer Méditerranée.

>> À (re)lire sur InfoMigrants : Premier sauvetage du Sea-Watch depuis des mois, 65 migrants secourus

Semblant découvrir en direct à la télévision le débarquement des 47 rescapés sur le sol italien, le ministre italien de l'Intérieur et vice-Premier ministre Matteo Salvini (extrême droite) a laissé exploser sa colère sur Twitter, son canal d’expression favori.

“Je suis le ministère des règles et des ports fermés. Si un ministre du mouvement 5 étoiles a autorisé le débarquement, il devra répondre de ses actes devant les Italiens”, a-t-il notamment lâché, demandant qui au gouvernement avait pu prendre une telle décision contre son avis formel.

Déjà à couteaux tirés avec lui, son partenaire gouvernemental du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, a rétorqué qu'il n'acceptait pas ses insinuations, rappelant qu'il était obligatoire de faire débarquer les passagers d'un bateau saisi par la justice.

Un projet de décret-loi, qui pourrait être soumis lundi au conseil des ministres, propose de donner au ministre de l'Intérieur le pouvoir d'interdire les eaux territoriales italiennes à un navire pour des raisons d'ordre public. Le texte prévoit aussi une amende de 3 500 à 5 500 euros par migrant arrivé en Italie pour tout navire de secours n'ayant pas respecté les consignes des garde-côtes compétents dans la zone où il serait intervenu.

Dans une lettre envoyée au ministère italien des Affaires étrangères, le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme demande à l'Italie de ne pas approuver ce nouveau décret-loi. Une demande jugée risible par Matteo Salvini. L'ONU, "un organisme international qui coûte des milliards d'euros aux contribuables, qui a comme membres la Corée du Nord et la Turquie, et qui vient faire la morale sur les droits de l'Homme à l'Italie ? (...) Cela prête à rire", a-t-il commenté sur Twitter.

 

Et aussi