Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, a remporté les européennes en France. Charles Platiau/Reuters
Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, a remporté les européennes en France. Charles Platiau/Reuters

Retour sur les propositions en matière migratoire du Rassemblement national, qui a remporté dimanche les élections européennes en France. Malgré son score dans l’Hexagone, le parti d’extrême-droite n’est pas en position de faire voter ses idées au sein du Parlement européen.

La liste du Rassemblement national (parti d'extrême-droite), conduite par Marine Le Pen est arrivée en tête des élections européennes en France en devançant de 0,9 point la liste soutenue par le président Emmanuel Macron (23,31 % contre 22,41 %).

Ainsi, la liste d’extrême-droite, conduite par Jordan Bardella, verra 23 de ses élus siéger au Parlement européen.

Sans surprise, le programme du Rassemblement national en terme de politique migratoire vise à ralentir voire tarir les arrivées en France et en Europe.

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Dénonçant le "chaos provoqué par la submersion migratoire", le parti s'inspire des actions menées par son allié européen, le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, dont le parti, la Ligue du Nord, est lui aussi arrivé en tête aux élections européennes.

Objectif : engager une "vraie politique de dissuasion de l'immigration". Dans son programme, le RN prône ainsi "l’arrêt de l’immigration légale" et "l'expulsion systématique des clandestins", assorti du retrait de toute possibilité de régularisation des clandestins.

"Retrouver l’entier contrôle des frontières"

Le RN veut rétablir un contrôle aux frontières nationales et abroger le principe de libre circulation de Schengen. "La France doit retrouver l’entier contrôle de ses frontières et de sa politique migratoire", a martelé la tête de liste RN Jordan Bardella tout au long de sa campagne. Pour cela, le RN veut mettre fin au règlement de Dublin imposé par l’Europe et selon lequel un exilé ne peut demander l’asile que dans le pays par lequel il est entré en Europe.

Le RN souhaite aussi l'instauration d'une préférence nationale pour les aides sociales, ce qui revient à priver les exilés des aides de l’État (dont l'Aide médicale d'État). Le RN a également dans son viseur l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) - une aide financière dont bénéficient les demandeurs d'asile pour compenser leur interdiction de travailler pendant le traitement de leur dossier. Pour une personne seule, son montant est d’environ 190 euros par mois.

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Les partis pro-UE restent majoritaires

Au Parlement européen, les élus français d'extrême-droite continueront de siéger au sein du groupe "Europe des nations et des libertés" (ENL) avec des députés populistes de différents pays, dont ceux de la Ligue du Nord italienne ou du FPÖ autrichien. Au lendemain des élections, ce groupe est constitué d’une soixantaine d’élus sur les 751 sièges que comporte le Parlement européen.

Malgré les scores réalisés par l'extrême-droite, les deux grands partis pro-Union européenne, chrétiens-démocrates (droite) et sociaux-démocrates (gauche), restent cependant majoritaires dans le nouvel hémicycle. Et ils sont loin de partager les idées du Rassemblement national en matière d’immigration.
 

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