Un car transportant des migrants sous escorte de la police suédoise. Crédit : Ahmed Aklil Khalil
Un car transportant des migrants sous escorte de la police suédoise. Crédit : Ahmed Aklil Khalil

Au mois de mai, l’agence Frontex a coordonné et financé un vol groupé entre l’Autriche, la Bulgarie et la Suède pour l’expulsion d’une quarantaine de migrants afghans vers Kaboul. InfoMigrants a cherché à en savoir plus sur les expulsions par vols conjoints.

Des vols conjoints sont parfois organisés entre plusieurs pays européens pour renvoyer, dans un même avion, les migrants afghans sous le coup d’une expulsion.

L’un des derniers en date a eu lieu mardi 28 mai 2019. Quelque 25 migrants afghans ont été renvoyés depuis Stockholm vers Kaboul dans un vol groupé entre la Suède, l’Autriche et la Bulgarie, a confirmé à InfoMigrants Jonas Beltrame-Linné, porte-parole de la police suédoise.

Ce vol a également fait escale en Autriche où 20 autres migrants sont montés dans l’avion, puis en Bulgarie, d’où deux migrants ont été expulsés, a indiqué à InfoMigrants Ahmed Aklil Khalil, à la tête d’une agence de consultants pour les migrants afghans en Suède. Ce défenseur des droits des migrants était en contact le jour-même avec l’un de ses clients embarqué dans l’avion.

Nemat, un Afghan de 24 ans, a été expulsé après s’être vu refusé une demande d’asile en 2017. Ahmed Aklil Khalil s’est indigné de ce renvoi, alors même que son client est marié à une Suédoise avec qui il attend un enfant. "Le fait d’être marié à une Suédoise ne protège pas d’une expulsion”, explique toutefois Madelaine Seidlitz, une avocate suédoise d’Amnesty international Suède, jointe par InfoMigrants.

Les 25 migrants expulsés de Suède ce 28 mai étaient pour la plupart de jeunes adultes dont la demande d’asile avait été rejetée en 2015, en raison de l'absence de document d'identité afghan, a précisé Ahmed Aklil Khalil.

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Des vols groupés coordonnés par Frontex

Ce type d’expulsion conjoint entre plusieurs pays européens ayant signé les accords de Dublin est "une pratique commune", d’après Madelaine Seidlitz.

Ces vols groupés appelés "opérations de retour conjointes" (Joint Return Operations - JRO) sont coordonnées et financées par l’agence des garde-frontières et garde-côtes européens Frontex. Ce sont des opérations "légales, en conformité avec la législation suédoise et européenne", précise Jonas Beltrame-Linné de la police suédoise.

D’après Frontex, la plupart du temps, les États membres organisent leurs "opérations de retour" individuellement. Toutefois "si un pays souhaite préparer une opération de retour et qu’il lui reste de la place dans l’avion, il peut inviter d’autres membres à participer". Dans ce cas, le pays organisateur de l’expulsion prévient Frontex qui s’occupe de coordonner l’opération. L’escorte, la traduction et l’accompagnement médical des migrants sera organisée, en revanche, par chaque pays membre.

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