Le patrouilleur italien a débarqué les migrants secourus au port de Gênes. Crédit : Marine italienne
Le patrouilleur italien a débarqué les migrants secourus au port de Gênes. Crédit : Marine italienne

Après plusieurs jours de traversée, les 100 migrants secourus jeudi 30 mai par un patrouilleur italien ont débarqué dimanche matin au port de Gênes, dans le nord du pays. Ils devraient être répartis dans cinq pays européens, selon un accord conclu.

Ils ont finalement pu débarquer en Italie. Les 100 migrants secourus jeudi 30 mai au large de la Libye par un navire de la marine italienne, le Cigala Fulgosi, ont été accueillis dimanche 2 juin au port de Gênes, dans le nord du pays.

C’est la première fois qu’un navire italien ayant secouru des migrants au sud de l’île italienne de Lampedusa doit remonter autant au nord pour les débarquer. Début mai, 55 migrants secourus également par le Cigala Fulgosi avaient pu débarquer rapidement en Sicile et avaient été discrètement pris en charge dans le système d'accueil italien.

La décision a été prise par Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur et chef du parti d’extrême-droite, connu pour refuser tout débarquement de migrants sur son sol depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018.

Accord de répartition

Le ministre a déclaré samedi avoir conclu un accord avec cinq pays européens et le Vatican pour accueillir les migrants secourus. Il avait martelé la veille qu’il refusait qu’un "seul immigrant" soit pris en charge aux frais des contribuables italiens.

Lors de la traversée, qui a duré trois jours, le patrouilleur a laissé embarquer du personnel médical et du matériel pour assurer des conditions d’accueil décentes aux 100 migrants à son bord, parmi lesquels 17 femmes et 23 mineurs.

Les rescapés avaient passé plus de 24 heures en détresse en pleine mer alors que le navire militaire italien se trouvait à proximité. L’équipage avait finalement décidé de leur sauvetage jeudi car "les conditions météorologiques se dégradaient".

Alors que la majorité des bâtiments de la marine qui ont patrouillé au large de la Libye ces dernières années se sont retirés et que les navires humanitaires font face à des blocages judiciaires et administratifs, le Cigala Fulgosi reste dans la zone dans le cadre de l'opération Mare Sicuro. Il est chargé de la sécurité des plates-formes pétrolières et des pêcheurs au large de la Libye et doit assurer la protection à distance du navire de guerre italien qui reste en permanence au port de Tripoli depuis près de deux ans pour apporter un soutien logistique aux garde-côtes libyens.

 

Et aussi