Soixante-quinze migrants attendent depuis le 31 mai de pouvoir débarquer en Tunisie. Crédit : DR
Soixante-quinze migrants attendent depuis le 31 mai de pouvoir débarquer en Tunisie. Crédit : DR

La situation est toujours dans l’impasse pour les naufragés secourus par le navire Maridive 601. Depuis 10 jours, les autorités tunisiennes refusent de laisser le bateau commercial débarquer 75 migrants qui tentaient d’échapper à l’enfer libyen.

"Il faut que cela s’arrête", lance Mongi Slim du Croissant rouge tunisien, joint par InfoMigrants, ce lundi 10 juin. Depuis 10 jours, un bateau égyptien, le Maridive 601, qui a secouru 75 migrants au large de la Libye est bloqué à Zarzis, dans le sud de la Tunisie. Parmi eux, on dénombre 32 mineurs. La majorité est de nationalité bangladaise.

Les autorités tunisiennes refusent, en effet, depuis le vendredi 31 mai de laisser débarquer les naufragés. Le gouverneur de Médenine estime que la région n’a pas les "moyens logistiques" pour les accueillir.

"Les migrants sont énervés"

Reste que la situation à bord se complique de jour en jour. "Les migrants sont énervés, ils ne comprennent pas pourquoi on ne les laisse pas débarquer en Tunisie" explique encore Mongi Slim. "Ils espèrent que le calvaire va vite prendre fin même si beaucoup souhaitent être accueillis en Europe".

Hier, dimanche 9 juin, une équipe du Croissant rouge tunisien devait monter à bord du Maridive 601 mais n’a pas pu pour des raisons techniques : la vedette qui devait les amener au navire commercial égyptien n’était pas disponible.

>> À lire sur InfoMigrants : Toujours pas d’issue pour les 75 migrants bloqués depuis une semaine au large de Zarzis

Depuis 10 jours, les migrants n’ont donc reçu aucune visite médicale. Un stock de médicaments du Croissant rouge a bien été acheminé jusqu’au navire, mais l’équipage doit prodiguer les premiers soins, sans supervision d’un médecin, avec l’aide du Croissant-rouge qui donne les instructions par téléphone.

Une trentaine de cas de gale

À bord, une trentaine de personnes seraient atteints de la gale, selon le second capitaine du navire. Un homme a le doigt cassé, un autre souffre de diabète et un dernier a "craché du sang".

"Il faudrait aussi leur donner des nouveaux vêtements et nettoyer les lieux pour stopper l’épidémie [de gale]", ajoute Mongi Slim.  

Shell, la société qui affrète le navire commercial, assure depuis 10 jours le ravitaillement en nourriture et en eau.

Contactés par InfoMigrants, ni le capitaine du navire, ni le gouverneur de Médenine, n’ont accepté de répondre à nos sollicitations.  

L’organisation internationale des migrations (OIM) assure depuis la semaine dernière être prête à aider la Tunisie pour accueillir ces migrants.

Cet incident rappelle celui qu’avait connu le Sarost 5 l’an dernier. Le navire commercial, qui avait secouru 40 migrants en mer Méditerranée, avait dû attendre 17 jours l’autorisation de débarquer à Zarzis. Les autorités avaient finalement accepté à titre exceptionnel "pour des raisons humanitaires".

 

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