Giannis Antetokounmpo lors de la rencontre entre les Milwaukee Bucks et les  Sacramento Kings, le 12 Janvier 2019. Crédit : NBA
Giannis Antetokounmpo lors de la rencontre entre les Milwaukee Bucks et les Sacramento Kings, le 12 Janvier 2019. Crédit : NBA

Né en Grèce de parents Nigérians, la nouvelle superstar de la NBA Giannis Antetokounmpo brille sur les parquets de la meilleure ligue de basketball du monde sous le maillot des Bucks de Milwaukee. Des quartiers populaires d’Athènes aux parquets nord américains, l’actuel favori au titre de meilleur joueur de la saison (MVP) est bien plus qu’un simple athlète. Portrait.

C’est l’histoire d’un jeune fils d’immigrés Nigérians qui rêve d’abord d’un avenir meilleur, depuis son quartier de Sepolia dans la banlieue d’Athènes. Bien loin des projecteurs de la grande ligue nord-américaine de basketball et de ses parquets, le jeune Giannis Antetokounmpo vit, ou survit, dans une famille qui compte cinq garçons dont un seul est né, à Lagos et y est resté.

"Ce ne fut pas facile tous les jours, mais j’ai eu une enfance où l’amour de mes parents et notre unité familiale nous a permis de traverser toutes les épreuves de la vie. On est unis comme une équipe, solide comme la roche", sourit encore aujourd’hui le joueur de 24 ans. Pour aider ses parents qui enchaînent les petits boulots pour subvenir à leurs besoins, Giannis et son frère aîné Thanasis n’hésitent pas à donner un coup de main pour gagner un peu d'argent, en vendant des montres ou des bibelots aux touristes de la capitale. "Je me suis beaucoup amusé à faire cela, et je peux vous dire que j’étais plutôt bon pour vendre des choses, même si ce n’était pas quelque chose qu’un enfant doit faire. Nous n’avions pas vraiment le choix, on voulait aider nos parents", se rappelle le joueur des Bucks de Milwaukee.

Ses parents, originaires de Lagos et arrivés à Athènes au milieu des années 80, inculquent des valeurs de travail à leurs fils, tout en insistant sur le fait que leur double culture doit être une force. Pour preuve, chacun des enfants né en terres hellènes porte un nom grec : Thanasis, Giannis, Kostas et Alexis. "C’est une énorme fierté pour nous d’avoir cet héritage nigérian et grec, et j’ai adoré grandir dans un foyer où l’on écoutait de la musique africaine tout en mangeant des plats grecs. Je garde cela en moi, c’est une force d’être né dans un contexte culturel aussi diversifié", précise le joueur.

Mais le jeune Giannis voit grand et sur les conseils de son père Charles, il décide de jouer au basket. Les premiers pas sur les parquets sont rapidement probants, et le jeune homme devient rapidement un phénomène dans l’équipe de troisième division de Filathlitikos, basé dans le quartier de Zografou. Avec son frère ainé Thanasis, Giannis progresse à vue d’œil, met du cœur à l’ouvrage et démontre un sens du sacrifice exemplaire. "La salle était située à plus d’une heure et demi de la maison, et on ne pouvait pas se permettre de se payer des tickets de bus pour rentrer à midi pour aller déjeuner chez nous. Pour pouvoir s'entraîner plusieurs fois par jour, on avait récupéré un vieux matelas pour le mettre dans la salle, afin que l’on reste sur place pour faire nos devoirs et pour se reposer avant le second entrainement du soir. On était à fond dans le basket, on était prêt à faire tous les sacrifices possibles. On y restait même quelques fois à y dormir la nuit", se souvient le numéro 34 du classement grec.

Au nom de la Grèce, au nom de l’Afrique

Le jeune Giannis a des rêves plein la tête, et vise les sommets de tout joueur de balle orange : la NBA. Après quelques vidéos postées sur Internet et le passage de plusieurs recruteurs américains à Zografou, il décide en 2013 de s’inscrire à la Draft de la NBA, concours sélectif et principale porte d'entrée des joueurs en NBA.

Sorti de nulle part ou presque au milieu des meilleurs talents américains, et entouré de son grand frère, drapeau Grec sur les épaules, il voit son nom appelé à la 15e position par les Bucks de Milwaukee, qui font le pari de recruter le longiligne et frêle joueur âgé alors de 18 ans seulement.

Les portes des États-Unis et de la ligue la plus compétitive s’ouvrent à lui, et sa vie se déplace dans le froid du Wisconsin, accompagné de sa famille qui vient l’aider à faire la transition vers sa nouvelle vie. "Je pense que sans eux, je ne serais pas arrivé là où j’en suis aujourd’hui", avoue celui que l’on surnomme le "Greek Freak", du fait des sa taille (2m13), et de ses mains gigantesques (27 centimètres de long !). Les hivers sont rudes dans cette région des États-Unis, et les journées de Giannis sont rythmées par sa vie de joueur professionnel et du temps passé à la maison, où la Grèce et le Nigeria ne sont jamais très loin. "Chez moi, les cultures grecque et nigériane sont toujours présentes, que ce soit par la musique, la nourriture et ce que l’on regarde à la télévision", sourit-il, en ajoutant : "la première chose que j’ai faite en arrivant en 2013 a été de repérer les restaurants grecs et africains les plus proches !".

Aujourd’hui, Giannis Antetokounmpo a parcouru beaucoup de chemin et se dirige vers un accomplissement extraordinaire : devenir peut-être le premier Grec à être élu meilleur joueur de la saison (MVP). Favori dans la course à ce trophée individuel il garde la tête froide. Il veut continuer à réaliser ses rêves et à montrer l’exemple pour la jeunesse grecque et africaine. "Je suis heureux d’être l’idole de la jeunesse de mon pays et de celui de mes parents. Je veux montrer que tout est possible, que le destin n’est pas tracé mais que l’on peut se le construire soi-même", conclut-il.

 

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