Crédit : Mehdi Chebil (Archive)
Crédit : Mehdi Chebil (Archive)

Les migrants africains sont de plus en plus qualifiés, ce qui facilite leur insertion sur le marché du travail dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais ils sont souvent embauchés dans des postes en deçà de leurs qualifications. La part de femmes a aussi augmenté parmi les migrants africains de France.

Les Africains qui s’installent dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE ) dont la France, sont de plus en plus diplômés. Les femmes africaines sont aussi plus nombreuses à immigrer vers la France.

Ces deux tendances sont tirées d’un rapport de l’OCDE, paru le 5 juin, et basé sur des enquêtes nationales dirigées par cet organisme international d’études économiques.

Le niveau d’éducation des migrants africains a augmenté en quelques années. Plus de 60 % d’entre eux ont au moins un niveau de deuxième cycle du secondaire (lycée), dont la moitié sont diplômés de l’enseignement supérieur. La part des migrants ayant un niveau d’éducation supérieur a considérablement augmenté puisqu’elle est passé de 24 % en 2001 à 30% en 2016.

Certains pays africains connaissent des taux d’émigration important de leurs diplômés comme la Somalie, le Rwanda, l'Érythrée, Djibouti, le Maroc, le Mali, la République du Congo ou encore la Sierra Leone, où celui-ci dépasse les 20%.

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Des postes en deçà de leurs qualifications

Le niveau de diplôme des migrants africains a une incidence sur leur recherche d’emploi dans les pays de l’OCDE. Les moins éduqués ont de plus en plus de mal à trouver du travail. "Sur le marché de l’emploi des pays de l’OCDE, les migrants africains [dans leur ensemble] sont fortement touchés par le chômage (13 %) et l’inactivité (28 %)", précise le rapport.

En revanche, le taux d’emploi des diplômés du supérieur augmente. Mais pour autant, même diplômés, les migrants africains ne sont pas à l’abri des difficultés pour trouver un poste à hauteur de leur qualification.

S’ils ont très majoritairement un travail, ils sont souvent victimes de déclassement, c’est-à-dire qu’ils occupent un poste nécessitant une qualification moindre que leur niveau de diplôme. "Cette situation peut être due à une discrimination sur le marché du travail, mais aussi à des questions de qualité et de reconnaissance des diplômes", souligne l’OCDE.

D’après le rapport, les migrants africains sont particulièrement affectés par le déclassement dans les pays du Sud de l’Europe : en Grèce, en Italie et en Espagne.

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Une majorité de femmes en France

Autre tendance, dans plusieurs pays dont la France, "les femmes sont même devenues majoritaires dans les diasporas africaines", indique le rapport. À l’échelle de l’ensemble des pays de l’OCDE la part des femmes dans la migration depuis l’Afrique est passée de 46,7% en 2001 à 48,2% en 2016.

 

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