Des migrants bangladais, marocains, égyptiens et soudanais se trouvent à bord du Maridive 601 depuis le 31 mai 2019. Crédits : capture écran FTDES / facebook
Des migrants bangladais, marocains, égyptiens et soudanais se trouvent à bord du Maridive 601 depuis le 31 mai 2019. Crédits : capture écran FTDES / facebook

Quinze jours après avoir été secourus, 75 migrants - dont la moitié de mineurs - sont toujours coincés à bord d’un navire commercial égyptien près des côtes tunisiennes. La Tunisie refuse de les laisser débarquer et souhaite les faire "rentrer chez eux". Seuls les migrants africains ont accepté d’être rapatriés. La majorité des rescapés, des Bangladais, s’opposent à toute expulsion.

Les 75 naufragés secourus il y a quinze jours par le bateau commercial égyptien Maridive 601 sont toujours bloqués au large de Zarzis, sur la côte tunisienne. Quelque 32 mineurs se trouvent à bord du navire.

Les autorités tunisiennes refusent de les laisser débarquer depuis le vendredi 31 mai, jour du sauvetage. "Le gouverneur de Médenine insiste pour qu’ils rentrent chez eux", explique Mongi Slim du Croissant rouge tunisien, joint par InfoMigrants vendredi 14 juin.

Informés de cette décision par le Croissant rouge, seuls les Égyptiens, les Marocains et les Soudanais présents à bord ont accepté un rapatriement dans leurs pays.  

La Tunisie demande l’aide du Bangladesh

Les 64 autres naufragés, des Bangladais dont de nombreux mineurs, ont refusé cette offre. "Ils demandent de rejoindre l’Italie ou de pouvoir rester en Tunisie avec une permission de travail", raconte Mongi Slim.

"Les autorités ont sollicité l’aide de l’ambassade du Bangladesh. Elle va intervenir pour résoudre le problème", ajoute-t-il.

>> À lire sur InfoMigrants : La situation s’enlise pour les 75 migrants bloqués au large de la Tunisie depuis 10 jours

"Rien pour se mettre à l’abri du soleil"

En attendant, à bord, la situation psychologique des naufragés se dégrade. "Il fait très chaud en cette période de l’année dans le sud de la Tunisie, et sur le bateau les migrants n’ont rien pour se mettre à l’abri du soleil. Ils risquent la déshydratation. Ils sont emprisonnés en mer", déplore Ben Amor Romdhane, du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) également contacté par InfoMigrants. Le militant s’inquiète aussi des cas de gale signalés à bord.

D’après le représentant du navire égyptien, joint par InfoMigrant, la situation reste pourtant "très tendue". "La seule solution est de laisser ces migrants entrer en Tunisie", estime-t-il.

Cet incident rappelle celui qu’avait connu le Sarost 5 l’an dernier. Le navire commercial, qui avait secouru 40 migrants en mer Méditerranée, avait dû attendre 17 jours l’autorisation de débarquer à Zarzis. Les autorités avaient finalement cédé titre exceptionnel "pour des raisons humanitaires".

 

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