AFP/Yasuyoshi Chiba | Outil fait maison fabriqué à partir d'un clou utilisé pour la mutilation génitale féminine (MGF).
AFP/Yasuyoshi Chiba | Outil fait maison fabriqué à partir d'un clou utilisé pour la mutilation génitale féminine (MGF).

Le gouvernement veut prendre le problème de l'excision à bras le corps. La secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes a annoncé ce vendredi un grand plan national d'action pour lutter contre cette pratique encore courante dans certaines familles originaires d'Afrique.

Ce premier plan national d'action contre l'excision vise surtout à repérer les populations à risque vivant en France. Ce sont en générale des fillettes issues de familles originaires de pays tels que le Mali, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso ou la Guinée. Les familles profitent des vacances pour les exciser. Nafissatou Fall est la directrice du GAMS Normandie, une association qui lutte contre l'excision : «En Normandie, c'est 95% de petites filles issues de l'immigration qui ont été excisées dans les années 1990, jusqu'en 1995».

Pour la chanteuse Inna Modja, il est important de s'engager dans cette lutte. Elle a, elle-même, été victime de l'excision, mais a pu bénéficier d'une aide à la reconstruction. Elle milite tout naturellement contre la mutilation sexuelle des femmes : « J'ai été excisée quand j'étais enfant et j'ai été réparée par le professeur Pierre Foldès, il y a quelques années et je milite contre l'excision depuis que j'ai 18 ans à cause de ça. »

Si en France la loi interdit la pratique de l'excision, la menace existe toujours, même pour les jeunes adultes : « Il y a une prévention et les petites filles de 0 à 6 ans sont régulièrement contrôlées donc l'âge [des victimes] s'est décalé. Il y a des jeunes filles de 14 ans jusqu'à 21 ans qui sont excisées», déplore Inna Modja.

On estime que près de 60 000 femmes excisées vivent en France. Selon le réseau européen "End FGM" (FGM pour Female genital mutilation), près de 500 000 femmes vivant en Europe ont déjà subi des mutilations génitales.

>> À relire : Les mutilations génitales féminines : l'histoire d'une réfugiée somalienne portée à l'écran

Texte initialement publié sur : RFI

 

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