Des mineurs isolés dans le 20e arrondissement de Paris, à l’hiver 2019. Beaucoup d’enfants Afghans se retrouvent sur les trottoirs de la capitale française. Crédit : InfoMigrants.
Des mineurs isolés dans le 20e arrondissement de Paris, à l’hiver 2019. Beaucoup d’enfants Afghans se retrouvent sur les trottoirs de la capitale française. Crédit : InfoMigrants.

Huit personnes ont été arrêtées en Bulgarie lors du démantèlement d'un réseau soupçonné d'avoir fait passer des milliers de jeunes migrants afghans vers l'ouest de l'Europe depuis 2017.

Le parquet de Sofia a indiqué mardi 25 juin que huit arrestations avaient été effectuées lors du démantèlement d'un réseau de passeurs. Les suspects - un Irakien chef présumé du réseau, quatre Afghans, un Syrien et deux Bulgares - ont été arrêtés lundi lors d'un vaste coup de filet à Sofia et dans le sud-est du pays. Tous résidaient en Bulgarie.

Ce réseau est soupçonné d'avoir fait passer depuis 2017 des milliers de jeunes migrants afghans vers l'ouest de l'Europe, à raison de 30 à 40 personnes par semaine de la frontière turque jusqu'en Serbie. De là, les migrants cherchaient à gagner la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni. 

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Des chemins "dangereux pour leur santé et pour leur vie"

La procureure Siyka Mileva a souligné que les migrants, majoritairement des Afghans âgés de moins de 16 ans et sans papiers, étaient transférés à travers des rivières et forêts épaisses, "de façon très dangereuse pour leur santé et leur vie".

C’est à Kaboul qu’un commerçant recrutait les candidats à l’émigration avant d’assurer leur transfert à travers l'Iran vers la Turquie. De là, un autre passeur les transférait vers la Bulgarie. Ils séjournaient alors dans deux quartiers roms à Sofia avant de repartir vers la Serbie, selon le parquet.

Des séjours entre 8 000 et 10 000 euros

Cette même source affirme que le coût total d’un transfert de l'Afghanistan vers Europe de l'Ouest pouvait atteindre les 8 000 à 10 000 euros.

"C'est la première fois qu'un réseau si complexe et spécialisé, fonctionnant comme une société commerciale, est démantelé en Bulgarie", a déclaré le procureur général adjoint Ivan Guechev, précisant que des gardes-frontières bulgares étaient soupçonnés d'avoir prêté assistance au réseau.

Le parquet a précisé que c’est la neutralisation en octobre 2017 d'un autre grand réseau dans le cadre d'une opération pilotée par Europol qui a permis ce démantèlement.

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