L'Open Arms et le Aylan Kurdi sont en route vers la zone de détresse, au large de la Libye. Crédit : Open Arms
L'Open Arms et le Aylan Kurdi sont en route vers la zone de détresse, au large de la Libye. Crédit : Open Arms

Le Aylan Kurdi de l’ONG allemande Sea-Eye et l’Open Arms de l’ONG espagnole du même nom sont en route vers la zone de détresse (SAR zone) au large de la Libye. Malgré les déboires judiciaires du Sea Watch 3, les deux bateaux n’ont pas peur de reprendre la mer. "Sauver des gens est le devoir de chaque être humain, ce n’est pas un crime !", insiste Sea-Eye.

À l’heure où deux capitaines du Sea-Watch 3, Carola Rackete et Pia Klemp, risquent plusieurs années de prison en Italie pour avoir débarqué de force des migrants secourus au large des côtes libyennes, deux autres navires humanitaires ont repris la route de la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone).

>> À lire sur InfoMigrants : Plus d’un million d’euros de soutien à la capitaine du Sea Watch 3

Le Aylan Kurdi de l’ONG allemande Sea-Eye était lundi 1er juillet au large de la Tunisie et devrait atteindre les côtes libyennes mardi après-midi. L’Open Arms de l’ONG espagnole du même nom sillonne quant à lui les côtes tunisiennes, après six mois d’immobilisation par les autorités espagnoles au port de Barcelone. "Nous irons au large de la Libye en fonction des besoins", indique à InfoMigrants Laura Lanuza, porte-parole de Proactiva Open Arms.

L’ONG espagnole précise également que son rôle n’est pas de secourir les migrants en détresse mais d’être observateur, de recenser les embarcations en difficulté. Mais l’ONG d’insister : "Secourir des personnes en détresse en mer est une obligation pour tous les bateaux".

"Nous respectons les lois internationales"

Malgré les déboires du Sea Watch 3, ni le Aylan Kurdi ni l’Open Arms ne disent redouter d’éventuelles poursuites en cas de débarquement des naufragés en Italie. "Nous n’avons pas peur car nous respectons les lois internationales", rétorque Laura Lanuza.

>> À lire sur InfoMigrants : Des faux gilets de sauvetage en mousse sont vendus aux migrants qui prennent la mer

"Les Pays-Bas ont à plusieurs reprises refusé d’assumer la responsabilité du Sea-Watch 3 [dont le pavillon est néerlandais, ndlr] mais nous ne sommes pas dans la même situation", assure Gordon Isler, membre du Sea-Eye, joint par InfoMigrants. "La coopération avec notre pavillon (allemand) est plus sûre que celle du Sea-Watch donc nous ne craignons pas de subir le même sort".

Les deux ONG tiennent à apporter leur soutien aux capitaines poursuivies en Italie et s’inquiètent de la "criminalisation" des navires humanitaires qui secourent des migrants en Méditerranée. "Sauver les gens est le devoir de chaque être humain, ce n’est pas un crime !", insiste Gordon Isler.

Au cours des quatre dernières années, plus de 14 000 personnes se sont noyées en Méditerranée. Un chiffre dû "non seulement [à] l’inaction délibérée de la part de l’UE, mais également de l’arrestation de capitaines qui tentent de protéger la vie humaine, dans le respect du droit de la mer. Quand est-ce que les Nations unies vont réagir", a déclaré sur Twitter Oscar Camps, fondateur de Proactiva Open Arms.

 

Et aussi