La capitaine du Sea-Watch déclarée libre par la justice italienne

Un juge italien a levé, mardi, l'assignation à résidence de la capitaine du Sea-Watch qui avait accosté de force en Sicile pour débarquer des migrants secourus quelques semaines plus tôt au large de la Libye.

La capitaine du navire de l'ONG allemande Sea-Watch n’a pas enfreint la loi en accostant de force à Lampedusa avec 41 migrants secourus au large de la Libye. Le juge italien chargé de l’affaire a conclu, mardi 2 juillet, que Carola Rackete avait accompli son devoir en protégeant des vies humaines et que le décret italien sur la sécurité n'était "pas applicable aux actions de sauvetage".

Selon l'ONG Sea Watch, la juge qui a entendu la jeune femme pendant trois heures a estimé qu'elle avait agi "dans l'accomplissement d'un devoir", celui de sauver des vies en mer, et elle n'a pas eu d'autre choix que de venir les débarquer en Italie parce que leurs droits ne sont pas garantis dans les autres ports proches, en Tunisie et encore plus en Libye.

L’Allemande de 31 ans, arrêtée le week-end dernier, était aussi accusée d’avoir mis en danger la vie de quatre policiers qui se trouvaient à bord d'une vedette des gardes-côtes heurtée par le Sea-Watch 3 au moment où il accostait de force. Les autorités italiennes lui reprochent en outre d'avoir ignoré les ordres de la marine et de s'être rendue complice de passeurs.

"Une grande victoire pour la solidarité"

Désormais libre de ses mouvements, l'Allemande de 31 ans a exprimé son soulagement et évoqué "une grande victoire pour la solidarité (...) et contre la criminalisation de ceux qui aident", à travers un communiqué de l'ONG Sea-Watch. Elle n'est cependant pas sortie de l'appartement d'Agrigente - le chef-lieu sicilien dont dépend Lampedusa - où elle était confinée depuis lundi.

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Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue (extrême droite), a fait part de sa déception estimant que la justice italienne devait être plus sévère. Il a promis d’expulser du pays la jeune capitaine le plus tôt possible. Sa décision d'expulsion devra cependant obtenir au préalable le feu vert de la justice. 

"Cette pauvre femme a seulement essayé de tuer cinq militaires italiens. Je suis sans voix! Qu'est-ce qu'il faut faire pour aller en prison en Italie?" s'est insurgé Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne, dans une vidéo sur Facebook, promettant d'expulser au plus vite ce "danger pour la sécurité nationale".

Le Sea-Watch 3, qui navigue sous pavillon néerlandais, est resté dans les eaux internationales pendant plus de deux semaines avant que la capitaine ne décide d'accoster de force à Lampedusa.

Les 41 Africains débarqués samedi du navire ont été accueillis dans un centre d'hébergement. Selon Matteo Salvini, plusieurs pays européens se sont dits prêts à les recevoir. La presse italienne parle de la France, de l'Allemagne, du Luxembourg, de la Finlande et du Portugal.

Avec Reuters et AFP

Texte initialement publié sur : France 24

 

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