Abdelhaq, un apprenti-apiculteur (gauche) avec un autre élève et leur enseignant, Ibrahim Karout, lui-même réfugié syrien. Crédit : Anne-Diandra Louarn / InfoMigrants
Abdelhaq, un apprenti-apiculteur (gauche) avec un autre élève et leur enseignant, Ibrahim Karout, lui-même réfugié syrien. Crédit : Anne-Diandra Louarn / InfoMigrants

L’association Espero, en région parisienne, propose des formations gratuites aux réfugiés et demandeurs d’asile dans les secteurs de l’apiculture, la permaculture et le compostage. Le but est de leur offrir un débouché pour une meilleure intégration en France. InfoMigrants est allé à la rencontre des apprentis-apiculteurs et de leurs enseignants.

“L’apiculture c’est la joie de ma vie ! J’ai grandi dans les ruchers de mon père, je joue et je parle avec les abeilles depuis mes trois ans.” Ibrahim Karout, un réfugié syrien installé en France depuis 2013, enseigne sa passion chaque semaine en région parisienne. “Quand j’ai quitté mon petit village syrien pour venir dans une grande ville comme Paris, je pensais que l’apiculture c’était fini. Je suis tellement heureux que ce soit dans ma vie aujourd’hui !”, confie-t-il à InfoMigrants à l’occasion de l’inauguration, mercredi 3 juillet, d’un nouveau rucher sur le toit de la mairie du 17e arrondissement de Paris.

Ibrahim fait partie, avec l’apiculteur français Jean-Philippe Haulin, des deux enseignants de l’association Espero créée en novembre 2016. À eux deux, ils forment une trentaine d’élèves -presque tous réfugiés ou demandeurs d’asile- au métier d’apiculteur. “En plus de l’apiculture, nous proposons aussi une formation en permaculture - maraîchage et une autre en compostage”, précise Maya Persaud co-fondatrice de l’association. Celle-ci s’occupe aussi d’entretenir une petite dizaines de ruchers installés dans les parcs parisiens et sur les toits de certains immeubles.

Entièrement gratuite, la formation d’apiculture proposée par Espero peut être entamée à tout moment dans l’année et est accessible autant aux réfugiés statutaires qu’aux demandeurs d’asile. En fonction du niveau de français, l’élève sera orienté d’abord avec Ibrahim Karout, pour une session sur 16 semaines, puis dans un second temps avec Jean-Philippe Haulin pour approfondir les connaissances et préparer au marché de l’emploi en France.

Étendre le concept à toute la France

“Je faisais déjà un peu d’apiculture dans mon pays au Tchad. Quand on m’a parlé d’Espero à mon arrivée en France, je n’y croyais pas ! Je suis très heureux de retrouver le contact de la nature et les abeilles. D’autant plus qu’elles sont beaucoup moins agressives ici et qu’on peut porter des tenues de protection”, explique dans un très bon français Abdelhaq Adam, demandeur d’asile et apprenti-apiculteur.

Le jeune homme de 23 ans aimerait travailler dans le domaine de l’agriculture urbaine et particulièrement en tant qu’apiculteur, s’il parvient à obtenir son statut de réfugié en France. Pour mettre toutes les chances de son côté, il prend des cours de français et se rend donc tous les samedi à Bobigny pour la formation Espero avec Ibrahim Karout.

“Ibrahim enseigne à Bobigny, mais nous avons ouvert d’autres espaces dans Paris. La première année, on a formé sept candidats et cette année nous sommes à une trentaine. Les associations mais aussi l’Ofii commencent à nous connaître et à nous adresser des candidats” explique Maya Persaud qui aimerait désormais développer le concept à l’échelle de la France.

>> Pour s’inscrire ou demander des renseignements, contactez directement l’association Espero : contact@esperofrance.org

 

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