Des migrants essaient de retrouver quelques affaires dans les décombres, après la frappe aérienne contre le centre de Tadjourah, à Tripoli, en Libye. Crédit : Reuters.
Des migrants essaient de retrouver quelques affaires dans les décombres, après la frappe aérienne contre le centre de Tadjourah, à Tripoli, en Libye. Crédit : Reuters.

Deux jours après la double frappe aérienne qui a touché le centre de Tajourah, des centaines de migrants vivent toujours dans le camp. Plus de 40 personnes ont été tuées, des blessés ont été transférés à l’hôpital.

Quelque 300 migrants sont toujours détenus dans le centre de Tajourah, près de la capitale libyenne Tripoli, au lendemain d'un bombardement aérien qui a fait plus de 44 morts et 130 blessés, selon le bureau onusien de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Il y aurait une centaine de morts, selon les migrants à Tripoli avec qui la rédaction d'InfoMigrants est en contact.

Sur les plus de 600 migrants qui étaient dans le centre, "300 sont encore sur place", et ils bénéficient d'une assistance humanitaire de l'OIM, a affirmé à l'AFP Safa Msehli, chargé de communication au sein du bureau de cette organisation en Libye.

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Selon Sally Hayden, une journaliste irlandaise ayant de nombreux contact sur place, les migrants survivent dans le centre dans des conditions déplorables, sans eau ni nourriture.  

Dans un communiqué, l'OIM a indiqué que ses équipes avaient "localisé" puis transféré à l'hôpital "un groupe de migrants blessés dans les quartiers environnants, après qu'ils ont quitté Tajoura suite à l'attaque".

"L'attaque de mardi soir a coûté la vie à des innocents, et toutes les parties doivent agir immédiatement", a déclaré le chef de mission de l'OIM en Libye, Othman Belbeisi. "Les souffrances des migrants en Libye sont devenues intolérables. Il doit être clair pour tous que la Libye n'est pas un endroit sûr et que des milliers de vies sont toujours en danger", a-t-il ajouté.

Selon l'OIM, sur les plus de 600 migrants détenus à Tajoura, 187 étaient inscrits à son programme de "retour volontaire".

"L'OIM continue de demander la fin de la détention arbitraire et rappelle à toutes les parties que les civils ne sont pas une cible", a ajouté l'agence onusienne, rappelant que quelque 3 300 migrants sont encore détenus dans et autour de la capitale libyenne, dans des centres "considérés comme étant à risque".

Les agences de l'ONU et organisations humanitaires rappellent régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Leur situation est devenue plus critique depuis le début de l'offensive militaire le 4 avril du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est libyen, pour conquérir Tripoli, siège du Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU.

 

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