Un des 65 migrants secourus, à bord du Alan Kurdi le 5 juillet 2019. Crédit : Sea-Eye
Un des 65 migrants secourus, à bord du Alan Kurdi le 5 juillet 2019. Crédit : Sea-Eye

Les 65 migrants secourus vendredi matin par le navire Alan Kurdi de l’ONG Sea-Eye ont reçu l’autorisation de débarquer à Malte. Le navire est arrivé au large des côtes de la petite île dimanche, après avoir tenté en vain un débarquement à Lampedusa en Italie.

Après avoir stationné plusieurs heures au large des côtes italiennes de l’île de Lampedusa, le Alan Kurdi, de l’ONG allemande Sea-Eye, a fait route vers Malte dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juillet. “Nous ne pouvons pas attendre que l’état d’urgence soit déclarée à bord”, a expliqué un porte-parole sur Twitter. “Maintenant, reste à savoir si les gouvernements européens vont se ranger du côté de l’Italie. Les vies humaines ne peuvent pas être une monnaie d’échange.”

Samedi matin, lorsque le navire se trouvait encore au large de Lampedusa, la Guardia di Finanza est montée à bord afin de remettre en personne l’interdiction expresse d'entrer dans les eaux italiennes, invoquant un décret signé par le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. “L’Italie continuera de refuser l’entrée du port aux navires humanitaires jusqu'à ce que la situation devienne insupportable pour leurs capitaines et les passagers. Un tel degré de gouvernance irresponsable nous a montré quelles perspectives nous attendaient à Lampedusa”, a déclaré Gorden Isler, porte-parole de Sea-Eye, dans un entretien accordé au site d’information allemand Speigel, justifiant la décision de se rendre à Malte.

Arrivé au large des côtes maltaise dimanche, le navire dit attendre les instructions de La Valette. Sur les 65 rescapés, trois sont dans un état de santé inquiétant nécessitant un transfert à terre en urgence, précise Sea-Eye sur son compte Twitter. “Tous les trois se sont effondrés à cause de la chaleur”, indique l’ONG sans donner plus de détails.

Dans un communiqué de presse diffusé dimanche en fin de journée, le gouvernement maltais affirme qu’il accepte le débarquement des 65 migrants se trouvant à bord du Alan Kurdi après avoir “discuté” avec “la Commission européenne et le gouvernement allemand”. Un navire militaire doit venir chercher les rescapés, selon le communiqué. “Toutes les personnes sauvées seront immédiatement transférées vers d'autres États membres de l'Union européenne. Aucun des migrants susmentionnés ne restera à Malte car ce n’est pas la responsabilité des autorités maltaises”, lit-on encore.

Les forces armées maltaises ont, en outre, annoncé avoir porté secours dimanche à un autre groupe de 58 autres migrants qui se trouvaient sur une embarcation en train de couler en mer. Au moins la moitié d'entre eux seront accueillis par d'autres pays européens, a précisé le premier ministre maltais Joseph Muscat, évoquant "un signe de reconnaissance de la bonne volonté du gouvernement maltais".

Le Alan Kurdi est le second navire humanitaire à défier Matteo Salvini cette semaine. Samedi, le voilier Alex de l’ONG Mediterranea est entré dans les eaux italiennes pour débarquer à Lampedusa ses rescapés : 54 au total qui avaient été secourus jeudi. Malte avait offert de les réceptionner, mais le petit voilier était dans l’incapacité technique de parcourir les 100 milles nautiques le séparant des côtes maltaises.

>> A (re)lire sur InfoMigrants : Après avoir déclaré l'état d’urgence, le voilier Alex a débarqué ses rescapés en Italie

“Les ONG sont de retour devant la Libye : cela favorise les départs, le risque de naufrages et rend les passeurs heureux. Nous ne nous laisserons pas intimider, nous ne céderons pas au chantage, nous défendrons l'Italie”, a martelé Matteo Salvini sur son compte Twitter.

 

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