L'Alan Kurdi a porté secours à une embarcation en détresse, lundi 8 juillet, près des côtes libyennes. Crédit : Sea-Eye.
L'Alan Kurdi a porté secours à une embarcation en détresse, lundi 8 juillet, près des côtes libyennes. Crédit : Sea-Eye.

En détresse près des côtes libyennes, quarante-quatre migrants ont été secourus par l'Alan Kurdi, le navire de l'ONG allemande Sea-Eye. Ils ont ensuite été acheminés jusqu'à Malte par les forces armées maltaises.

Le navire humanitaire Alan Kurdi a secouru 44 migrants, lundi 8 juillet, près des côtes libyennes. Quatre femmes et trois enfants de mois de cinq ans étaient notamment à bord. Interdit d'entrée dans les eaux territoriales maltaises, l'Alan Kurdi, le bateau de l'ONG allemande Sea-Eye a du ensuite déléguer la prise en charge des rescapés aux forces armées maltaises. Le groupe de migrants est arrivé sur l'île mardi 9 juillet dans l'après-midi.

"Les 44 personnes sauvées ont été ramenées à terre dans l'après-midi par la marine maltaise. Pour l'Alan Kurdi, c'est la fin de cette mission de sauvetage, nous rentrons au port pour nous ravitailler en carburant", a assuré l'ONG dans un tweet, publié mardi 9 juillet.



D'après une photo publiée par Sea-Eye sur Twitter, les 44 personnes étaient entassées sur une longue barque en bois bleue. A bord d'un canot pneumatique, les secouristes ont rejoint l'embarcation de fortune et ont distribué des gilets de sauvetage aux migrants. "Les 44 personnes sont encore à bord mais saines et sauves. Aucune d'entre elles n'est dans un état critique mais elles ont évidemment besoin de rejoindre un port sûr rapidement. Malte envoie actuellement un bateau pour venir les chercher", a expliqué Carlotta Weibl, porte-parole de Sea-Eye, à InfoMigrants, le matin du mardi 9 juillet.



Les migrants, originaires de Syrie, de Libye, du Pakistan et du Bangladesh étaient partis le matin du samedi 6 juillet depuis le port de Zouara, en Libye. S'ils ont désormais rejoint Malte, leurs destinations finales ne sont pas encore certaines.

"Nous sommes incroyablement heureux d'avoir pu être à nouveau au bon endroit au bon moment et d'avoir désormais 44 personnes de plus en sécurité. Un bébé de quinze mois ne devrait jamais avoir à vivre une situation aussi dangereuse", a commenté Carlotta Weibl.

Il n'y a désormais plus de bateau humanitaire prêt à secourir des migrants au large des côtes libyennes. Seul le bateau de l'ONG Open Arms naviguait près de la Libye, le 10 juillet. Il risque toutefois une amende de 300 000 à 900 000 euros de la part du gouvernement espagnol si jamais il porte secours à des migrants dans cette zone de recherche et de sauvetage.

L'Alan Kurdi a également secourus 65 migrants, le soir du dimanche 7 juillet, cette fois encore acheminés par les forces armées maltaises jusqu'à Malte. Puisque l'Italie avait interdit au bateau d'accoster sur son territoire samedi 6 juillet, l'Alan Kurdi s'était rendu à Malte. En effet, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien d'extrême droite, refuse que les navires d'ONG, qu'il estime complices des passeurs, entrent dans les ports italiens.



Dans un communiqué de presse diffusé dimanche en fin de journée, le gouvernement maltais avait affirmé qu’il acceptait le débarquement des 65 migrants se trouvant à bord du Alan Kurdi après avoir “discuté” avec “la Commission européenne et le gouvernement allemand". Ces 65 migrants ont ensuite été répartis entre plusieurs pays européens, après des discussions entre Malte et l'UE et avec le gouvernement allemand.

D’après les médias italiens, seul un migrant sur dix arrive en Italie à bord de navires humaines. La plupart des migrants rejoignent le territoire italien par des petites embarcations ou des canots pneumatiques. "En 2019, sur les six premiers mois, les navires humanitaires ont amené à terre au cours de six débarquements 297 personnes, sur un total de 3 082 arrivées", a écrit mardi 9 juillet le quotidien La Repubblica.

 

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