L'association Les midis du mie propose des sorties baignade pendant l'été, notamment au bassin de la Villette. Crédit : Agathe Nadimi
L'association Les midis du mie propose des sorties baignade pendant l'été, notamment au bassin de la Villette. Crédit : Agathe Nadimi

Sport, séjours à la mer, baignades, balades en forêt... Si certaines associations d'aide aux migrants et aux réfugiés ferment leurs portes pendant l'été, d'autres en profitent pour proposer des activités adaptées à la saison estivale. InfoMigrants a repéré quelques initiatives à Paris et dans d'autres villes françaises.

L'été, les associations d'aide aux migrants et aux réfugiés réduisent leurs activités. Elles doivent, en effet, faire face à un manque de bénévoles ou à la fermeture de leurs locaux mis à disposition le reste de l'année. Mais cette période est aussi l'occasion pour les associations de proposer des activités adaptées à la saison estivale. "Les jeunes comptent sur nous, donc nous ne nous octroyons pas de pause", résume Agathe Nadimi, fondatrice du collectif Les Midis du mie qui fournit repas et soutien aux mineurs isolés étrangers à Paris.

Une offre sportive multiple

Très plébiscitées par les jeunes, les activités sportives font partie du programme estival de plusieurs associations. Maïa Courageux, responsable du pôle mineurs non accompagnés à Utopia 56, explique que le second souhait des mineurs isolés étrangers suivis par Utopia 56, après 'l'apprentissage de la langue", est de faire du sport. Parmi leurs demandes, "la priorité est le foot et la piscine puisque cela leur permettrait de prendre des douches sur place", détaille-t-elle. Pour ne pas empiéter sur les rendez-vous administratifs des jeunes, l'association a prévu d'organiser cette activité le matin en semaine et le mercredi

Si l'association Sportis (Sport International solidaire) suspend son activité dans la capitale, ce n'est pas le cas à Toulouse. Tous les jeudis soirs à 19h50, des groupes de coureurs toulousains, des migrants et des réfugiés se rejoignent au Capitole pour courir ensemble dans la ville. Sportis leur propose aussi d'intégrer des clubs pour pratiquer la musculation, le futsal ou le tag rugby, un rugby qui exclut le contact violent. Même si c'est le cas d'une majorité des participants, Xavier Serry, le directeur de Sportis précise que l'association ne "demande pas d'être lié à un centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) ou à une association" pour bénéficier de ces activités. 

Lassociation Sportis met en place des activits sportives pendant lt pour les migrants et les rfugis Crdit  Sportis Pour ceux qui préfèrent le sport individuel, le collectif La Fourmilière organise toute l'année des footings en collaboration avec SingaWintegreat et Kabubu. Chaque mardi et jeudi soirs, une trentaine de personnes, migrants et locaux, se retrouvent pour un jogging dans Paris. Cette activité se poursuit pendant l'été, puisque comme l'explique Clément Debosque, cofondateur de La Fourmilière, été comme hiver, "les exilés s'ennuient dans les centres d'hébergement".

En collaboration avec l'association Fútbol MásEmmaüs Solidarité propose aussi des activités sportives pour les exilés qu'elle accompagne*, en particulier dans le centre pour familles d'Ivry-sur-Seine et dans le centre d'hébergement d'urgence pour hommes Coustou situé dans le 18e arrondissement de Paris. "L'enjeu est de créer des tournois de football pour communiquer autour des règles du jeu et de l'esprit de fair-play", assure Bruno Morel, directeur général de l'association, à propos de ces ateliers réservés aux enfants et adolescents. Le sport étant un "vecteur d'insertion et d'intégration", selon Bruno Morel, les adultes peuvent aussi assister à un atelier prévu une fois par semaine, au centre d'Ivry-sur-Seine et deux fois par semaine au centre Coustou. Les ateliers de lutte et de taekwondo se poursuivent aussi jusqu'à septembre au centre Coustou. 

Des courts séjours gratuits et des sorties pour les jeunes

L'association organise également des séjours à la campagne, à la mer et à la montagne, en particulier pour les enfants*. "Il peut s'agir de micro-séjours d'une journée ou de trois jours", détaille Bruno Morel qui souligne la gratuité de ces séjours mis en place régulièrement pendant l'été. Les jeunes profiteront aussi d'une sortie écurie pour se familiariser avec les chevaux. Mettre en place des sorties en dehors de Paris, c'est aussi la volonté des Midis du mie. "Début août, nous avons le projet d'emmener une cinquantaine de jeunes sur une base de loisirs, en région parisienne. Ils pourront se baigner et faire du pédalo", précise Agathe Nadimi.

 

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