La capitaine du Sea-Watch 3 Carola Rackete à la sortie d'une audience devant le parquet d'Agrigente, en Sicile, le 18 juillet 2019. Crédit : Guglielmo Mangiapane, Reuters
La capitaine du Sea-Watch 3 Carola Rackete à la sortie d'une audience devant le parquet d'Agrigente, en Sicile, le 18 juillet 2019. Crédit : Guglielmo Mangiapane, Reuters

Devant le parquet d’Agrigente, Carola Rackete, a exhorté jeudi l’Union européenne à résoudre la situation de blocage dans laquelle se trouvent les navires humanitaires en Méditerranée. La capitaine du Sea-Watch 3, qui a été arrêtée le 29 juin, est accusée de résistance à un officier après avoir pénétré de force dans les eaux italiennes.

Lors de son audience au palais de justice d'Agrigente, en Sicile, Carola Rackete a pris à partie l'Union européenne (UE), jeudi 18 juillet. La capitaine du Sea-Watch 3 a appelé Bruxelles à s'organiser pour faire débarquer les migrants secourus en mer, et ainsi éviter de mettre les ONG dans des situations de blocage. La jeune femme avait accosté de force à Lampedusa, dans le sud de l'Italie, pour faire débarquer 40 migrants secourus par son navire, le Sea-Watch 3, qui étaient bloqués à son bord pendant plus de deux semaines.

"J'espère sincèrement que la Commission européenne, maintenant que le nouveau Parlement a été élu, fera de son mieux pour éviter que ce genre de situation se reproduise et que tous les pays européens vont œuvrer ensemble à l'avenir pour accepter toutes les personnes secourues par la flotte civile", a-t-elle lancé devant les procureurs du parquet d'Agrigente, le chef-lieu de la Sicile dont dépend Lampedusa.

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L'Allemande de 31 ans a été arrêtée le 29 juin pour avoir pénétré dans les eaux territoriales italiennes malgré le veto mis par le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini (extrême droite) qui la qualifie de "criminelle".

Depuis, le Sea-Watch 3 est sous séquestre dans le port sicilien de Licata et Carola Rackete, libre de ses mouvements, est toujours visée par deux enquêtes, pour résistance à un officier en pénétrant de force dans les eaux italiennes et pour aide à l'immigration clandestine.

L’arrestation initiale de la jeune femme avait été invalidée par une juge, estimant que l'accusation de violence envers un navire de guerre n'était pas valide, et que Carole Rackete avait agi pour sauver des vies. Dans le sillage du Sea-Watch 3, le voilier humanitaire Alex a depuis lui aussi accosté, sans y être autorisé, à Lampedusa.

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Dans un communiqué, des experts indépendants de l'ONU ont appelé les autorités italiennes à "mettre fin immédiatement à la criminalisation des opérations de recherches et de secours" des migrants au large de la Libye. "Secourir les migrants en mer n'est pas un crime", ont-ils insisté.

Sous l'impulsion de Paris et Berlin, des discussions d'urgence se sont tenues mercredi entre des ministres de l'UE à Helsinki sur un "mécanisme de solidarité" face à la crise des migrants traversant la Méditerranée. Matteo Salvini a campé sur ses positions hostiles à l'accueil de navires de secours.

 

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