Des réfugiés assistent à un cours de langue | Photo: Picture-alliance/dpa/H.Kaiser
Des réfugiés assistent à un cours de langue | Photo: Picture-alliance/dpa/H.Kaiser

En Allemagne, les migrants sont censés apprendre la langue et se familiariser avec l’histoire du pays, sa culture et ses lois. InfoMigrants fait le point.

D’après les statistiques de l’Office fédéral des migrations et des réfugiés, plus d’un million de personnes ont suivi un cours d’intégration depuis 2015. Près de la moitié d’entre eux sont des réfugiés de Syrie, d’Irak, d’Iran, de Somalie et d’Erythrée.

Sur ces dernières années, le nombre de migrants qui décrochent le niveau de langue B1, qui atteste que l’on est indépendant, que l’on peut se débrouiller seul et que l’on comprend l’essentiel, est en baisse. Si en 2015, 70% de ceux qui passaient le cours d’intégration on obtenu le niveau B1, il n’était plus que près de la moitié l’an dernier. Selon le BAMF, cela est dû au changement de public qui suit les cours.

Il y a eu ces dernières années davantage de participants réfugiés qui ont une plus grande difficulté avec la langue, affirme l’Office fédéral. Dans certains cas, il a fallu pour certaines personnes commencer à apprendre l’écriture et la lecture des lettres en alphabet latin.

La part des réfugiés dans les cours d’intégration est néanmoins en basse. De 100.000 Syriens en 2017, ils n’étaient plus que 40.000 l’an dernier, pour représenter près de 20% des participants. 

Les cours d’intégration, c'est quoi ?

Les cours d’intégration ont été crées en 2005 et sont obligatoires si "vous ne pouvez pas vous faire comprendre en allemand à un niveau simple et adéquat." D’après le BAMF, ce sont les "autorités de la migration qui décident si la participation est nécessaire".

Les cours sont composés de formation de langue (600 heures) et de séances dites "d’orientation" (généralement 60 heures).

Les leçons de langue visent à faire atteindre le niveau B1 au participant, pour qu’il puissent s’en sortir dans les "aspects importants de la vie quotidienne", dont le travail, élever ses enfants, interagir en société et comprendre les médias.

Le leçons d’orientation comprennent des séances autour du fonctionnement de la société allemande, dont le système juridique, l’histoire et la culture, les droits en devoirs en Allemagne et la co-existence en société. S’y ajoutent des transmissions de valeurs, comme la liberté de culte, la tolérance et l’égalité en droits.

Les cours d’intégration se suivent en journée, mais aussi à mi-temps l’après-midi ou les soirs pour répondre aux besoins des participants, notamment s’ils ont un emploi.

Nationalits des participants aux cours dintgration en 2018  Source BAMF

L’inscription

Avant de commencer à suivre un cours d’intégration, le participant passe un test pour déterminer son niveau. Pour s’inscrire au cours, il faut remplir un formulaire d’inscription disponible ici (seulement en allemand) et l’adresser à son service d’immigration régional que l’on peut déterminer en entrant son code postal ici.

Une fois que vous avez reçu un certificat d’éligibilité (“Berechtigungsschein”) du service d’immigration, il s’agit de trouver un cours dans sa région. Là aussi, il existe un outil de recherche par code postal ici.

S’il réussit l’examen final, le participant obtient un certificat de cours d’intégration ("Zertifikat Integrationskurs"), qui certifie qu’il connaît les bases de la langue et de la société allemande. Ce document est également utile pour raccourcir d’un an le délai de résidence nécessaire pour avant de pouvoir déposer une demande de naturalisation. 

Le coût

Le cours d’intégration est payant à raison d’1,95 euros par leçon. Comme il y a 660 leçons à suivre, l’ensemble du cours coûte 1.287 euros. Les participants ont la possibilité de régler en plusieurs fois. Il existe aussi la possibilité d’être exempté des frais sous certaines conditions. Les chômeurs et les personnes vivant de minimes sociaux sont notamment susceptibles de ne pas payer pour le cours. Les frais de déplacement peuvent également être pris en charge dans certains cas.

Le taux de réussite 

Selon un étude en, la moitié des participants ont réussi leur examen final en 2017. Parmi les réfugiés, ce taux de réussite montait même à 60%, alors que pour les demandeurs d’asile en attente de procédure, ce taux dépassait tout juste les 30%.

Traduction et adaptation : Marco Wolter

 

Et aussi