Vingt migrants afghans étaient cachés dans le double-fond de la camionnette du chauffeur. Crédit : Reuters
Vingt migrants afghans étaient cachés dans le double-fond de la camionnette du chauffeur. Crédit : Reuters

Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer a condamné un routier serbe, lundi 15 juillet, à deux ans de prison pour avoir transporté vingt migrants d’origine afghane dans des conditions déplorables.

Un chauffeur routier serbe a écopé de deux ans de prison "pour des faits d'aide à l'entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière", par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer, lundi 15 juillet. Le prévenu n’a également plus le droit de se rendre sur le territoire français pendant trois ans.

Quelques jours plus tôt, le 12 juillet, l’homme de 47 ans avait été interpellé au volant de sa camionnette, avec à son bord, "vingt personnes de nationalité afghane, dissimulées dans une petite cache aménagée" dans le double-fond de la camionnette, a précisé le parquet.

La cache mesurant 2,5 mètres de long et de haut sur 1,5 m de profondeur, d’après La Voix du Nord, qui a assisté à l’audience, les conditions de voyage de ces migrants ont été jugées “incompatibles avec le respect de la dignité humaine”.

Un enfant mis sous somnifère

Cet espace n’était par ailleurs pas ventilé et laissait selon les enquêteurs environ 0,78 m3 d’air pour chaque migrant, rappelle La Voix du Nord. Pour éviter les pleurs pendant ce voyage de onze heures, un enfant de deux ans a été contraint d’avaler un somnifère. 

Le chauffeur routier a déclaré à la barre “avoir répondu à une annonce laissée sur Internet pour un transport de meubles”, écrit la Voix du Nord. 

Ce n’est pas la première fois qu’une telle affaire a lieu. Elle rappelle notamment le cas d'un migrant d’une vingtaine d’années décédé suite à un arrêt cardio-respiratoire survenu dans la remorque d’un camion stationné au port de Calais, début mars.

D’après la préfecture du Pas-de-Calais, quatre migrants ont trouvé la mort dans le département en 2017 et 2018. C’est beaucoup moins qu’en 2015 puisque cette année-là, 18 migrants étaient décédés dans le Pas-de-Calais.

 

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