Des pêcheurs locaux aident des réfugiés arrivant avec un canot pneumatique sur l'île grecque de Lesbos. | Photo: EPA / ORESTIS PANAGIOTOU
Des pêcheurs locaux aident des réfugiés arrivant avec un canot pneumatique sur l'île grecque de Lesbos. | Photo: EPA / ORESTIS PANAGIOTOU

Avec plus de 16 000 arrivées sur ses côtes depuis le début de l'année, la Grèce est redevenue la première porte d'entrée des migrants en Europe. Le nouveau gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis a promis de "renforcer la protection des frontières grecques".

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM), plus de 16 000 migrants ont atteint les côtes grecques depuis le début de l’année, contre 12 000 en Espagne et 3 000 en Italie. La Grèce est donc redevenue le premier pays d’entrée des migrants dans l’Union européenne (UE), passant ainsi devant l'Espagne.

En 15 jours, entre le 1er et le 17 juillet 2019, un peu plus de 2 500 personnes sont arrivées en Grèce.

Le flux des migrants et des réfugiés en provenance de Turquie vers la Grèce a également augmenté entre le 20 juin et le 20 juillet de près d'un tiers par rapport à la même période l'année dernière, a révélé mercredi 24 juillet Georges Koumoutsakos, le ministre adjoint grec chargé de la Protection du citoyen.

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En un mois, "plus de 3 000 arrivées au total ont été enregistrées sur les îles de Lesbos, Samos et Kos" en mer Égée, soit "une augmentation de 30% par rapport à la même période il y a un an", a souligné ce nouveau responsable de la politique migratoire dans un entretien avec la radio Skaï.

George Koumoutsakos a toutefois assuré que cette vague n'était pas comparable à celle qui s'est produite pendant la crise migratoire de 2015 - au cours de laquelle presque un million de personnes sont entrées en Europe via les côtes turques et la Grèce.

 Mais "la question migratoire reste et restera pour longtemps à l'ordre du jour", a-t-il insisté, soulignant "l'inquiétude en Europe" à ce sujet.

Les chiffres de l'OIM Un durcissement de la politique migratoire grecque, selon les ONG

Le ministère de la Politique migratoire a été intégré au ministère de la Protection du citoyen dans le nouveau gouvernement du conservateur Kyriakos Mitsotakis issu des législatives du 7 juillet qui a succédé à celui de gauche d'Alexis Tsipras.

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À peine désigné, le ministre adjoint à la Protection du citoyen avait annoncé que la priorité du gouvernement était de "renforcer la protection des frontières grecques et européennes".

Ce choix a été critiqué par des ONG de défense des droits de l'homme, qui dénoncent un durcissement de la politique migratoire et sa gestion désormais par la police.

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Elles ont aussi critiqué l'annulation la semaine dernière par le nouveau gouvernement d'un décret permettant aux migrants d'obtenir facilement un numéro de sécurité sociale.

Pour Georges Koumoutsakos, la politique migratoire doit "respecter les droits de l'Homme mais aussi [...] la sécurité des citoyens grecs et du pays".

Environ 70 000 migrants et réfugiés vivent actuellement en Grèce, qui compte au total 11 millions d'habitants.

Le gouvernement a l'intention de rouvrir des centres de rétention pour des migrants illégaux, qui sont nombreux à s'entasser dans des centres d'accueil insalubres sur des îles de la mer Égée.

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