Le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, élu la semaine dernière. ©Reuters
Le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, élu la semaine dernière. ©Reuters

Le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, élu la semaine dernière, promet de changer de politique migratoire, en instaurant une sélection des migrants grâce à un système à points, tout en réfléchissant à une régularisation massive des sans-papiers déjà présents au Royaume-Uni.

Deux jours après avoir été élu Premier ministre, mardi 23 juillet, par les conservateurs britanniques, Boris Johnson a annoncé vouloir "réécrire radicalement" le système d’immigration de Grande-Bretagne. Qu’entend-il par ce changement de politique migratoire ?

Cet ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères est connu pour ses déclarations fantasques, mais aussi pour ses prises de position contradictoires.

À titre d’exemple, alors qu’il était initialement engagé contre le Brexit, Boris Johnson a retourné sa veste à quatre mois du référendum britannique de juin 2016 pour devenir l’un des défenseurs ardus de la sortie de l’Union européenne. À la tête du Royaume-Uni désormais, il est chargé de gérer la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE). Cette tâche s’annonce comme l’un de ses principaux défis.

Régularisation des sans-papiers

Concernant l’immigration, durant la campagne qu’il a menée auprès des parlementaires du Parti conservateur pour succéder à Theresa May, Boris Johnson s’est illustré par une déclaration tonitruante. Il a annoncé vouloir régulariser le statut de tous les sans-papiers présents sur le territoire britannique. Un nombre qu’il a estimé à 500 000 personnes rien qu’à Londres.

"Les personnes qui sont ici depuis 12 ans ou plus, depuis longtemps" et "n'ont pas eu de problèmes avec la justice (...), ont travaillé dur, mais ne peuvent pas payer d'impôt et ont toujours un statut illégal", a-t-il déclaré le 13 juillet. "Nous devons réfléchir à la façon de régulariser leur statut", a ajouté Boris Johnson. Des propos qu’il a réitérés jeudi 25 juillet, lors d’un discours devant la Chambres des communes, cette fois en tant que Premier ministre fraîchement élu.

Ce n’est pas la première fois que l’homme politique anglais parle de régulariser les migrants illégaux, lorsqu’il était maire de Londres il avait déjà évoqué l’idée d’une "amnistie méritée" pour quiconque vit dans la capitale depuis plus de cinq ans et peut prouver son "engagement envers la société".

Un système d’immigration par points

Mais pour le nouvel homme fort du Royaume-Uni, la régularisation des migrants présents sur le territoire irait de pair avec un contrôle strict des frontières. Boris Johnson veut aussi mettre en place un système d’immigration à points après l’entrée en vigueur du Brexit.

"Nous devons être beaucoup plus ouverts à l’immigration de personnes hautement qualifiées, comme les scientifiques, mais nous devons également assurer au public que, lorsque nous quitterons l’UE, nous contrôlerons le nombre d’immigrés non qualifiés qui arrivent dans le pays", avait déclaré l’ex-candidat fin juin.

Dans un système à points, l’immigration professionnelle est soumise à une sélection sur des critères croisés. Au Canada par exemple, le niveau d’étude, de langue, l’expérience professionnelle, l’âge, l’emploi mais aussi la capacité d’adaptation sont des critères additionnés en points permettant ou non d’obtenir le droit de travailler sur le territoire canadien. En Australie, les migrants sont soumis à un test, dont le résultat est noté en fonction de critères très stricts.

L’Australie, le modèle migratoire de Boris Johnson

La politique migratoire australienne a souvent été érigée en modèle par Boris Johnson. Quelques jours après son élection, il a demandé à un comité consultatif gouvernemental sur la migration d’étudier le système australien pour s’en inspirer dans son projet de refonte du système britannique.

Or la politique australienne en matière d’immigration est connue pour être l’une des plus sévères parmi les pays occidentaux. Depuis 2013, l’Australie refoule systématiquement tous les bateaux de migrants traversant ses eaux territoriales. Les migrants qui passent au travers des mailles du filet, y compris les demandeurs d’asile, sont envoyés dans des centres de rétentions reculés du Pacifique, sur l'île de Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Pour le moment Boris Johnson n’a pas parlé de refouler les canots de migrants qui arrivent par la Manche. Mais il a dit que le Royaume-Uni devait "être plus sévères envers ceux qui abusent de notre hospitalité", qualifiant le système australien d’excellent système dont les britannique devaient "tirer des leçons".


 

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