REUTERS/Dominic Ebenbichler | Un train transportant des migrants arrive en gare de Freilassing, en Allemgne, le 28 septembre 2015.
REUTERS/Dominic Ebenbichler | Un train transportant des migrants arrive en gare de Freilassing, en Allemgne, le 28 septembre 2015.

Quatre ans après l’arrivée de plusieurs centaines de milliers de réfugiés en Allemagne, où en est leur intégration sur le marché du travail ? Il progresse d’après les déclarations, mardi, d’un responsable de l’agence fédérale pour l’emploi.



de notre correspondant à Berlin,

D’après le responsable de cet institut de recherche, 400 000 personnes arrivées depuis 2015 (l’année où près d’un million de réfugiés furent accueillis en Allemagne) disposent aujourd’hui d’un travail.

Le chercheur a pris en compte les huit pays les plus représentés parmi les nouveaux arrivants à savoir la Syrie, bien sûr, mais aussi l’Afghanistan, l’Irak, le Pakistan, l’Iran et pour l’Afrique l’Érythrée, la Somalie et le Nigéria.

400 000 personnes sur 1,2 million au total, cela représente un taux de 35 %. Ils étaient 300 000 il y a un an à avoir un emploi. La hausse est donc sensible.

Par comparaison, on peut souligner que cette intégration sur le marché du travail est plus rapide que quand d’autres cas lorsque des réfugiés avaient été accueillis en Allemagne, notamment dans les années 90 avec des personnes ayant fui la guerre dans l’ex-Yougoslavie.

Un salaire minimum...

La moitié des emplois occupés par ces personnes ne requièrent aucune qualification particulière. Ils sont nombreux à travailler pour des agences d’intérim et employés dans des tâches de production simples. On les trouve souvent dans la gastronomie, la logistique, l’agriculture, la construction ou les entreprises de nettoyage.

Autant d’emplois où la rémunération est faible, souvent le salaire minimum.

Autre fait à noter : ce sont surtout des petites et moyennes entreprises qui recrutent ces personnes, plus que les plus grosses.

Pour des emplois souvent précaires

Malgré ces avancées, le nombre de personnes ayant un emploi et un emploi stable reste à améliorer. Beaucoup d’intérimaires n’obtiennent pas au bout d’un certain temps un contrat plus avantageux. Au bout de neuf mois, les entreprises doivent rémunérer ces personnes au même niveau que leurs propres salariés.

Le nombre de réfugiés faisant un apprentissage, 44 000 aujourd’hui, reste inférieur à la moyenne. Ce type de formation, très reconnu en Allemagne, implique également un enseignement théorique pour lequel le niveau de langue des migrants reste trop faible. Ils sont plus nombreux à abandonner en cours de route leur apprentissage. Le niveau d’allemand est bien sûr décisif pour obtenir un emploi et à fortiori un emploi qualifié.

Et certains privilégient un emploi mal payé, mais qui permet de gagner rapidement de l’argent qu’ils envoient dans leur pays ou qui leur permet de régler leur dette auprès des passeurs qui les ont aidés à gagner l’Europe.

Il y a aussi des obstacles bureaucratiques qui ne leur facilitent pas les choses. Les compétences réparties entre diverses administrations et les municipalités, régions et l’État fédéral sont souvent kafkaïennes. La reconnaissance de diplômes ou de qualifications acquises dans les pays d’origine est trop difficile.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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