Quarante migrants naviguent sur le Alan Kurdi, navire humanitaire de l'ONG allemande Sea-Eye.  Crédit : Pavel Vitko/sea-eye.org
Quarante migrants naviguent sur le Alan Kurdi, navire humanitaire de l'ONG allemande Sea-Eye. Crédit : Pavel Vitko/sea-eye.org

Le Alan Kurdi, le navire humanitaire de l'ONG Sea-Eye qui a secouru cette semaine 40 migrants, s'est approché des côtes italiennes, près de Lampedusa, jeudi 1er août. Si l'ONG estime qu'il s'agit du "port sûr" le plus proche, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, a dénoncé une " énième provocation".

Le Alan Kurdi, le navire humanitaire de l'ONG allemande Sea-Eye, s'est rapproché, jeudi 1er août, des côtes italiennes, près de l'île de Lampedusa. A son bord, le bateau transporte quarante migrants, originaires d'Afrique de l'Ouest et secourus, mercredi 31 juillet, au large de la Libye

Parmi les passagers, Sea-Eye précise qu'une femme enceinte, trois jeunes enfants, un homme blessé par balles et deux survivants du bombardement du centre de détention de Tajourah, près de Tripoli, en Libye, qui a tué des dizaines de migrants, début juillet. 

D'après les sites internet de suivi du trafic maritime, le Alan Kurdi a navigué vers le nord avant de s'arrêter près des eaux territoriales italiennes, provoquant l'indignation du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini. Celui-ci, par ailleurs, leader d'extrême-droite, a interprété cet acte comme "une énième provocation en Méditerranée de la part d'une ONG allemande" et a accusé les secouristes de se comporter "de manière mesquine". 

Matteo Salvini a, en effet, signé un décret, mercredi 31 juillet, interdisant l'accès de le Alan Kurdi aux eaux italiennes. Les ONG répondent toutefois que Lampedusa est le "port sûr" le plus proche de la zone où les quarante migrants ont été sauvés. 

Le Alan Kurdi tait situ en milieu daprs-midi proche de lle de Lampedusa Crdit  Capture dcran Vessel FinderLa semaine dernière, Matteo Salvini avait également refusé au navire des garde-côtes italiens, le Gregoretti, de pénétrer dans les eaux italiennes, alors que le navire se déplaçait en mer Méditerranée, au large de Lampedusa. Mercredi 31 juillet, le ministre de l'Intérieur italien a finalement autorisé les migrants présents sur le bateau à débarquer dans le port d'Augusta, en Sicile, en échange d'un accord de répartition de ces migrants par cinq pays européens et l'Eglise italienne. 

Le Alan Kurdi n'est pas le seul navire humanitaire qui n'a pas respecté les ordres de Matteo Salvini concernant son positionnement en mer. Le bateau de l'ONG Sea Watch avait, début juillet, accosté de force sur l'île de Lampedusa, entraînant l'arrestation de sa capitaine Carola Rackete par les forces italiennes. Si elle a été déclarée libre par le tribunal d’Agrigente, en Sicile, depuis ces événements, le Sea-Watch est mis sous séquestre. 

 

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