Un Anker Zentrum dans la ville bavaroise d’Ingolstadt | Photo: Picture-alliance/dpa/M. Balk
Un Anker Zentrum dans la ville bavaroise d’Ingolstadt | Photo: Picture-alliance/dpa/M. Balk

Cela fait un an que l’Allemagne a crée les "Anker Zentrum", des centres d’accueil multifonctions où les migrants sont hébergés en attendant d’être redirigés vers une autre région ou d’être expulsés. Le bilan est mitigé.

Un porte parole du ministère allemand de l’Intérieur explique dans un rapport que l’objectif principal de ces "Anker Zentrum", littéralement "centres d’ancrage", a été atteint, à savoir l’accélération des procédures de demande d’asile. D’après le ministère, les demandes d’asile pouvaient être enregistrées en moins de deux mois en moyenne, alors qu’il faut plus de trois mois pour les demandeurs d’asile qui ne vivent pas dans l’un de ces centres d’ancrage. Depuis leur création, 8200 cas ont ainsi été traités selon les chiffres officiels. Aussi, les demandeurs d’asile obtiennent généralement une évaluation de leur cas sous 11 jours après leur arrivée.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer veut accélérer et simplifier les procédures d’expulsion | Photo: Picture-alliance/AP Photo/M.Sohn

Le terme allemand de "Anker Zentrum" est un acronyme pour arrivée (Ankunft), répartition communale (kommunale Verteilung), décision (Entscheidung) et expulsion (Rückführung)

Les demandeurs d’asile sont censés rester dans ces centres pendant que leur dossier est traité, ce qui peut parfois prendre jusqu’à 24 mois. Divers services gouvernementaux impliqués dans la décision travaillent ensemble sur place dans ces centres pour accélérer la procédure.

C’est à partir de l’été 2018, que trois Etats-régions (Länder) allemands, dont la Bavière comme fer de lance, décident de transformer neuf centres d’accueil pour migrants et réfugiés en "Anker Zentrum". Le concept a été lancé par le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer, anciennement ministre président la Bavière. En tout il en existe 14 à travers le pays.

La Bavière, un modèle novateur ?

La Bavière a également ouvert un ministère en charge des demandes d’asile et des expulsions l’année dernière. En travaillant étroitement avec les Anker Zentrum, ce nouveau ministère se vante aujourd’hui de bonnes performances, en affirmant que dans les 6 premiers mois de son existence, ce ministère a expulsé 1700 personnes et a réussi à convaincre 5600 autres de suivre un programme de retour volontaire. Selon l’actuel ministre président de Bavière, la nouvelle institution représente "un équilibre en humanisme et ordre".

Bien que les décisions en matière de droit d’asile soient prises au niveau fédéral, les Etats-régions décident comment ils organisent le traitement des demandes. Ils décident ainsi des modes d’hébergement, délivrent les papiers d’identité et mènent les expulsions et les retours forcées. Beaucoup pensent que la création de ces centres d’ancrage où toutes les parties impliquées peuvent interagir directement accélère les procédures. 

Le députée écologiste Filiz Polat estime que les centres d’ancrage sont défaillants | Crédit : picture-alliance/dpa/G. Fischer

Les Verts opposés aux Anker Zentrum

Néanmoins certaines voix sont dissonantes. Le parti des Verts allemands a réagi lors du premier anniversaire des Anker Zentrum en affirmant qu’ils sont défaillants. Selon la députée Filiz Polat, ces centres "privent des personnes qui ont vécu la persécution et qui cherchent la protection d’être traité de manière humaine et digne." 

Par ailleurs, les critiques des Anker Zentrum estiment aussi que les procédures d’asile accélérées peuvent conduire à des erreurs. Par ailleurs, pendant la procédure, les demandeurs d’asile doivent attendre pendant des mois dans des hébergements de masse, souvent sans occupation et sans possibilité de travailler, ce qui ne participe pas à une intégration réussie.

Traduction : Marco Wolter


 

Et aussi