Le navire humanitaire Open Arms sur la mer Méditerranée. Crédit: OPEN ARMS (archives)
Le navire humanitaire Open Arms sur la mer Méditerranée. Crédit: OPEN ARMS (archives)

Soixante-neuf migrants, dont une femme enceinte de neuf mois, ont été secourus au large de la Libye dans la nuit de jeudi à vendredi, par le navire humanitaire espagnol Open Arms, qui avait déjà recueilli 55 migrants sur un canot à la dérive la veille. Le navire doit à présent trouver un port où débarquer ces 124 personnes.

Le navire humanitaire Open Arms a secouru, dans la nuit de jeudi à vendredi 2 août, 69 migrants sur un canot en difficulté au large de la Libye, a annoncé l'ONG espagnole Proactiva. Deux enfants et "une femme enceinte de neuf mois avec des contractions" font partie de ces rescapés qui portent "de terribles signes de violence".

Un groupe de 55 personnes, dont deux bébés et une quinzaine de femmes, se trouvaient déjà sur l'Open Arms. Elles avaient été retrouvées jeudi sur une barque qui prenait l'eau et menaçait de chavirer.

Avec désormais 124 personnes à bord, l'Open Arms a mis le cap au nord, mais sa destination n'était pas encore claire. Tous en attente d'un port pour débarquer.

Depuis l'été dernier, tous les migrants secourus par l'Open Arms ont débarqué en Espagne, mais les autorités espagnoles ont interdit au navire de retourner au large de la Libye, sous peine, selon l'ONG, d'une amende de 200 000 à 900 000 euros.

Interdiction de pénétrer dans les eaux territoriales italiennes

Accoster en Italie semble également problématique. Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a signé un arrêté interdisant à l’Open Arms de pénétrer dans les eaux territoriales italiennes. L'ONG encourt une amende de 50 000 euros si le navire enfreint cette interdiction, assure Open Arms sur Twitter.

La situation est la même pour le Alan Kurdi, le navire de l'ONG allemande Sea-Eye bloqué depuis jeudi au large de l'île de Lampedusa avec 40 migrants, originaires d'Afrique de l'Ouest, à son bord. Ces personnes ont été secourues mercredi. Parmi elles, se trouvent trois jeunes enfants, une femme enceinte de six mois, un homme blessé par balle et deux survivants du bombardement dévastateur début juillet du centre de détention de Tajourah, près de Tripoli, selon Sea-Eye.

Depuis juin 2018, Matteo Salvini a régulièrement exigé un accord de répartition au sein de l'Union européenne avant d'autoriser le débarquement de migrants secourus en mer, par des ONG ou parfois par les garde-côtes italiens.

Mercredi, des dizaines de migrants bloqués depuis une semaine sur le Gregoretti, un navire des garde-côtes italiens, ont pu débarquer grâce à un accord pour les répartir entre cinq pays européens et l'Eglise italienne.

 

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