L'Ocean Viking a quitté le port de Marseille, dans le sud de la France, dimanche 4 août. Crédit : MSF
L'Ocean Viking a quitté le port de Marseille, dans le sud de la France, dimanche 4 août. Crédit : MSF

Le nouveau navire humanitaire affrété par les ONG françaises SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) a quitté Marseille, dans le sud de la France, dimanche soir. L’Ocean Viking, qui bat pavillon norvégien, devrait arriver dans la zone de recherche et de sauvetage, au large de la Libye, "dans les jours à venir".

Il était 22h dimanche 4 août quand l’Ocean Viking a mis les voiles en direction de la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone), au large de la Libye. Le nouveau navire affrété par les ONG française SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) a quitté le port de Marseille, dans le sud de la France, et devrait approcher les côtes libyennes "dans les jours à venir", précise à InfoMigrants l’ONG.

Le nouveau navire humanitaire a fait escale pendant plusieurs jours à Marseille. Jusqu’aux dernières heures avant le départ, les grues se sont affairées autour de ses flancs rouges et blancs ; le navire dispose des salles de repos séparées pour les femmes et les enfants, d'une clinique, des centaines de gilets de sauvetage, des tonnes de vivres et de carburant.

Trente et une personnes à bord

Le bateau, qui peut accueillir jusqu’à 300 personnes, a pris le relais de l’Aquarius qui, privé de pavillon, avait dû abandonner ses missions en décembre dernier.

"On est forcé d’agir en raison du manque de ressources disponibles en Méditerranée centrale, et faute de réaction de la part de l’Europe. Si l’Europe agissait, il n’y aurait pas besoin des ONG", insiste Sam Turner, chef de mission MSF en Libye.

Au total, 31 personnes sont à bord de ce navire de 69 mètres de long : 13 pour SOS Méditerranée, dont neuf marins secouristes et neuf pour MSF dont un médecin, une sage-femme, une médiateur culturel, plus l’équipage. L'Ocean Viking peut accueillir plusieurs centaines de migrants à bord.

L’équipage se prépare à une possible errance côtière. Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a déclaré jeudi que si les navires des ONG "entrent dans les eaux territoriales italiennes, nous les saisirons un par un. On verra bien qui se fatiguera en premier", a prévenu le chef du parti d’extrême-droite, la Ligue.

840 morts depuis le début de l’année

Matteo Salvini a en effet signé deux arrêtés interdisant aux bateaux humanitaires de pénétrer dans les eaux italiennes, sous peine d’amende. Faute d’accord de répartition entre les États européens, Matteo Salvini barre systématiquement l’accès aux ports italiens, situés en première ligne face aux côtes libyennes.

Lundi, le navire espagnol Open Arms errait toujours au large de l’île italienne de Lampedusa, à la recherche d’un port sûr ou débarquer 121 personnes secourues en fin de semaine au large de la Libye. La veille, Malte avait laissé accoster le Alan Kurdi avec à son bord 40 migrants après un accord de répartition trouvé entre différentes pays européens.

La Méditerranée, dont la surface ne représente qu’1% des océans de la planète, est devenue la route maritime la plus meurtrière au monde. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 840 personnes y ont disparu depuis le début de l’année, dont 576 en Méditerranée centrale – sans compter les naufrages non répertoriés.

 

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