L'Open Arms cherche un port sûr où débarquer les 121 personnes secourues au large de la Libye. Crédit : Open Arms
L'Open Arms cherche un port sûr où débarquer les 121 personnes secourues au large de la Libye. Crédit : Open Arms

Le bateau humanitaire Open Arms, de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, erre depuis vendredi au large de l'île italienne de Lampedusa. Le navire, qui a secouru dans la nuit de jeudi à vendredi une centaine de migrants à proximité des côtes libyennes, est toujours à la recherche d'un port sûr où débarquer les rescapés.

"Bonjour depuis l’Open Arms, nous commençons une nouvelle journée. Nous continuerons à prendre soin de vous [les rescapés] tant que l’Europe ne réagira pas". Ce message a été posté sur Twitter lundi 5 août par l’ONG espagnole Proactiva Open Arms.

Son navire humanitaire, l’Open Arms, erre en effet depuis vendredi 2 août au large des côtes italiennes de l’île de Lampedusa, à la recherche d’un port sûr où débarquer la centaine de migrants secourus la veille en mer Méditerranée.

L'Open Arms au large de Lampedusa, le 5 août 2019 à 15h. Crédit : Capture d'écran Marine Traffic"Une amende de 50 000 euros plane au-dessus de nos têtes"

Dans la nuit de jeudi à vendredi 2 août, l’ONG a porté assistance à 69 personnes, dont deux enfants et une femme enceinte de neuf mois, qui se trouvaient à bord d’un canot en difficulté au large de la Libye. Un groupe de 55 migrants, dont deux bébés et une quinzaine de femmes, étaient déjà à bord de l’Open Arms. Ils avaient été retrouvés jeudi sur une barque qui prenait l’eau et menaçait de chavirer.

Dans la nuit de vendredi à samedi 3 août, deux femmes enceintes et la sœur d’une d’entre elles ont été autorisées à débarquer en Italie pour des raisons médicales, tandis que les autres se trouvent toujours à bord du navire interdit d’entrée dans les eaux territoriales italiennes.

"Une amende de 50 000 euros plane au-dessus de nos têtes si nous entrons dans les eaux italiennes (…)", a twitté l’ONG vendredi 2 août.

Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018, le ministre italien de l’Intérieur également chef du parti d’extrême-droite la Ligue, Matteo Salvini, empêche tout débarquement de navire humanitaire en Italie. Il a notamment signé deux arrêtés interdisant aux bateaux des ONG de pénétrer dans les eaux italiennes, sous peine d’amende et de poursuites judiciaires.

La Ville de Valence prête à d’accueillir l’Open Arms

Mais une autre menace plane sur l’Open Arms. Si le navire, qui bat pavillon espagnol, entre dans un port espagnol, il risque une amende pouvant aller jusqu’à 900 000 euros.

Le bateau humanitaire, bloqué tout l’hiver au port de Barcelone, a été autorisé par Madrid en avril à reprendre la mer pour porter du matériel humanitaire en Grèce, mais à la condition de ne pas se rendre dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) au large de la Libye, sous peine d’une amende pour infractions "à la sécurité maritime ou à la gestion du trafic maritime".

Depuis l’été dernier, tous les migrants secourus par l’Open Arms ont débarqué en Espagne.

La ville de Valence, dans le sud de l’Espagne, s’est d’ailleurs portée volontaire pour accueillir l’Open Arms. Valence est "une ville accueillante, ouverte, avec un devoir éthique et humain envers des personnes qui risquent leur en vie en fuyant le terrorisme, la guerre ou la misère", a déclaré le maire Joan Ribo à l’agence de presse espagnole EFE.

Le Alan Kurdi, de l’ONG allemande Sea-Eye est également resté bloqué plusieurs jours à proximité de Lampedusa après avoir secouru 40 migrants au large de la Libye mercredi 31 juillet. Quatre jours plus tard, dimanche 4 août, les naufragés ont finalement pu débarquer à Malte après un accord de répartition trouvé entre différents pays européens.

 

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