Image d'archives dans le centre de Zawiya, en Libye. Crédit :  ANSA/UNICEF
Image d'archives dans le centre de Zawiya, en Libye. Crédit : ANSA/UNICEF

Le ministre libyen de l’Intérieur a annoncé la semaine dernière la fermeture de trois centres de détention pour migrants : celui de Misrata, de Tajourah et de Khoms. Le HCR accueille cette nouvelle avec "joie et précaution" et demande plus d’informations aux autorités libyennes.

Dans un communiqué publié jeudi 1er août, le ministre libyen de l’Intérieur, Fathi Bashagha, a annoncé que les autorités allaient fermer prochainement trois grands centres de détention. Près de 500 personnes sont concernées par cette annonce.

"Il s’agit du centre de Misrata où l'on compte 250 migrants, celui de Tajourah – qui a été touché par un bombardement début juillet - avec environ 200 personnes et le centre de Khoms qui est actuellement vide", précise à InfoMigrants Tarik Argaz, porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Libye.

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Le centre de Khoms, qui était le principal lieu où étaient enfermés les migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens, a en effet été vidé il y a plusieurs semaines. Les migrants qui y étaient enfermés ont été transférés dans le centre de rapatriement du HCR à Tripoli. "Le centre était lié à des activités illicites, quelques trafiquants y opéraient en toute impunité", explique encore Tarik Argaz.

"C’est ce que nous réclamons depuis des années"

L'agence onusienne accueille la fermeture de ces centres avec "joie et précaution". "On ne peut que se réjouir d’une telle décision, c’est ce que nous réclamons depuis des années", ajoute le porte-parole du HCR en Libye. "Nous attendons cependant d’avoir plus d’informations de la part des autorités afin de comprendre les modalités de cette mise en liberté", continue-t-il.

Difficile de savoir où seront transférés les migrants concernés. Seront-ils envoyés dans d’autres centres de détention du pays ? Le HCR se dit prêt, en tout cas, à assister les personnes qui seraient "remises en liberté". "Il faut que les choses se fassent de manière graduelle et que leur sécurité et leur protection soit assurées", déclare encore le HCR.

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L’agence onusienne pourra fournir "une assistance financière, médicale et psychosociale aux migrants libérés" et prendra en charge au sein de son programme de réinstallation les personnes dites vulnérables (femmes, enfants, blessés, malades…).

Les centres de détention libyens ont une épouvantable réputation : les violences, les trafics, les tortures y sont légion. Les migrants enfermés à l’intérieur de ces prisons y souffrent aussi d’un manque de soins médicaux.

 

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